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Dialogue interculturel en physiothérapie – Hong Kong 2019

19 février 2019

 

Jour 1 : lundi 18 février

Suite à nos retrouvailles à l’aéroport de Genève, Anjali a pris soin de nous en s’occupant de toutes les formalités pour notre vol. Après un cours trajet jusqu’à Zürich, nous nous installons pour le long vol à destination de Hong Kong. C’est plutôt reposées que nous arrivons à 17h (heure locale) à Hong Kong après 11h de vol. Nous découvrons notre bel (et très haut) hôtel situé tout proche de la PolyU et doté de petites chambres.

Lundi matin, rendez-vous à 9h30 au campus de la polyU après un petit déjeuner avalé en vitesse. Nous sommes accueillies par Jessica Rauszen, qui prend le temps de nous faire découvrir cette immense université. Le contraste est marqué avec notre école. Suite à cela, nous suivons un cours avec Veronika Schoeb sur le concept de la Santé Globale et l’impact que les physiothérapeutes peuvent avoir à ce sujet. Pour le repas de midi, nous avons la chance d’être conviées dans un superbe restaurant en compagnie des grandes personnalités de l’école, avec lesquelles nous sommes prises en photo. Nous recevons un accueil chaleureux de la part des professeurs. De plus, nous pouvons découvrir les spécialités culinaires de Hong Kong, telles que la méduse et les dim sum, tout ceci ponctué d’un succulent dessert. Durant ce repas, nous avons l’occasion de discuter avec certains professeurs et ainsi de pratiquer notre anglais. Nous continuons la journée avec un cours, immergées au sein de la classe de physiothérapie de 3e année, dont le sujet est : la démence et les troubles cognitifs. Deux étudiants ambassadeurs viennent spontanément se présenter à nous. Encore une fois, nous sommes chaleureusement présentées et reconnues par le professeur. Pour terminer ce premier jour comme il se doit, nous nous baladons afin de découvrir le jardin des stars et les buildings illuminés de Hong Kong Island. Après de multiples clichés, nous suivons les conseils d’Anjali et nous mangeons thaï ! Délicieux.

Cette première journée nous confirme ce qui nous a été dit par rapport à l’incroyable accueil reçu à Hong Kong, qu’il s’agisse de l’école, des professeurs ou des élèves. Nous ne pouvons que nous en inspirer.

Le petit plus : nous apprécions la superbe vue des buildings illuminés dans la nuit.                                                                                                                                   

Jour 2 : mardi 19 février

Notre journée commence tôt, avec deux heures de cours dans le domaine cardio-respiratoire. Nous remarquons durant le cours que les étudiants reçoivent des informations bien plus détaillées sur les chirurgies cardiaque et viscérale ainsi que les cicatrices. La prise en charge post-opératoire est également abordée. S’ensuit un cours de deux heures sur la neuropédiatrie. C’est une belle opportunité pour nous car nous n’avons pas de cours à ce sujet à Lausanne. Celui-ci nous donnait les éléments de base pour les cours pratiques que nous allons découvrir demain. La professeure nous a expliqué les différentes échelles utilisées pour évaluer les capacités motrices des enfants.

Après un rapide sandwich pris sur le campus à midi, nous partons visiter le cabinet d’un physiothérapeute, Danny Chan, qui s’est également spécialisé dans la médecine traditionnelle chinoise. Celui-ci nous a démontré durant l’après-midi de multiples techniques très intéressantes. Nous avons pu constater certaines similitudes dans les concepts de traitement entre nos deux pratiques, telles que la notion de test-retest, la conduite d’une anamnèse, l’évaluation des mouvements fonctionnels ainsi que la cotation de la douleur, même si l’application de ces concepts différait et s’adaptait au contexte. D’autre part, nous avons pu remarquer certaines différences. Ainsi, les traitements que nous avons vus étaient principalement centrés sur les symptômes et moins sur les causes. Ensuite, le physiothérapeute n’avait pas de programme aussi précis qu’en Suisse. Il suivait en général plusieurs patients en même temps et les laissait faire leurs exercices seuls pendant qu’il posait les aiguilles d’acupuncture ailleurs puis revenait à la fin de la séance. Avec cette manière de travailler, le rythme est plus élevé qu’en Suisse puisqu’il peut voir entre 30 et 40 patients par jour. Le physiothérapeute nous a expliqué quelques principes de base de l’acupuncture. Au lieu de chercher à faire disparaître le trouble, il va plutôt stimuler l’énergie vitale du corps afin que le sujet puisse vivre en harmonie avec son trouble. Nous avons eu l’occasion de tester quelques techniques utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise.

Après cette belle expérience, nous faisons un tour dans la ville. Nous découvrons le parc de Kowloon, situé près de l’hôtel, et apprécions le calme qui y règne. Suite à de bonnes nouilles bien épicées qui en font rougir plus d’une, une bonne nuit de sommeil est méritée. À demain pour de nouvelles aventures !

Le petit plus : l’enthousiasme de Danny Chan et sa motivation à faire découvrir sa pratique.

 

Jour 3 : mercredi 20 février

Après une bonne et longue nuit de sommeil, nous nous rendons sur le campus pour notre premier cours de pratique. Nous sommes divisées en 2 groupes avec deux heures de cardio-respiratoire et deux heures de neuro-pédiatrie au programme. Nous nous sentons un peu stressées au début mais nous nous sommes finalement bien acclimatées.

 

 

Lors du cours de cardio-pulmonaire, le professeur parle des pneumothorax et chirurgies abdominales. Le déroulement du cours diffère du nôtre. En effet, un mannequin est disponible dans la salle et nous avons trouvé intéressant de pouvoir pratiquer directement sur celui-ci. Cependant, nous constatons que la prise en charge pour ces patients reste similaire à celle que nous avons étudiée.

Après ce premier cours, nous sommes accompagnées dans une salle spécifique au domaine de la pédiatrie par notre ambassadeur Hei. Nous avons étudié les différents tests liés au développement de l’enfant et avons pu les pratiquer avec tout le matériel nécessaire à disposition dans la salle. La pédiatrie étant un domaine peu abordé dans notre cursus à Lausanne, c’était surprenant de voir à quel point celui-ci prend une place importante à Hong Kong. Ils approfondissent leurs connaissances tant dans les domaines neurologiquse que musculo-squelettiques et respiratoires. En effet, ils ont beaucoup de cours à ce sujet et nous étions un peu perdues au début. Nous avons profité d’en tirer un maximum d’informations afin d’étoffer notre bagage de physiothérapeute.

Nous entamons la 2e partie de la journée par une découverte de Hong Kong Island et son magnifique parc plein de surprises. L’aller se fait par le métro, qui passe sous la mer de Chine, et le retour en ferry. Pour finir la journée comme il se doit, nous partageons un délicieux repas indien selon les conseils avisés d’Anjali.

Le petit plus : discussions philosophiques sur la vie et sur les différentes cultures.

 

Jour 4 : jeudi 21 février

Aujourd’hui, nous sommes à nouveau divisées par groupes de 2 pour suivre un cours de pratique. Au programme : le traitement des douleurs lombaires avec Jessica Rauszen. Nous apprenons une nouvelle technique que nous ne connaissions pas, le biofeedback pour la contraction du transverse de l’abdomen. C’est intéressant pour nous car cet outil permet au patient de mieux visualiser son exercice. En ce qui concerne la dynamique des cours pratiques, nous avons remarqué que de manière générale les étudiants ici semblent plus pudiques. Ainsi, lorsqu’il faut un volontaire pour faire le cobaye devant la classe, personne ne se propose spontanément. De plus, au lieu d’enlever les habits pour rendre la zone à traiter visible, nous n’avons qu’à les relever le temps de l’exercice. L’enseignante demande toujours l’autorisation de l’étudiant avant de le toucher. Ensuite, tous les étudiants prennent des notes sur des tablettes, ordinateurs ou smartphones même durant les cours pratiques, alors que chez nous, nous utilisons plutôt les notes manuscrites.

Malgré que le soleil ne soit pas au rendez-vous, nous nous rendons au Victoria Peak car nous avons terminé les cours plus tôt et le trajet pour s’y rendre est relativement long. Une fois en haut, la vue n’est pas incroyable car il y a énormément de brouillard mais, heureusement, nous demandons aux photographes locaux ce qu’ils attendent tous devant cette brume. Ils nous expliquent qu’à cette saison la brume descend en fin de journée et qu’ensuite nous pouvons admirer le paysage de la ville illuminée. C’est un peu sceptiques que nous attendons patiemment avec eux mais cela en valait la peine car une fois le brouillard dissipé, nous avons eu droit à une vue grandiose (merci Lorène pour la photo). Vu qu’il se fait tard, nous mangeons dans un restaurant thaïlandais près de l’hôtel sur le chemin du retour.

 

Le petit plus : la disparition rapide du brouillard laissant place à une vue magnifique sur Hong Kong.

 

 

 

 

 

 

 

Jour 5 : vendredi 22 février

Nous avons entamé le dernier jour de la semaine avec un cours sur les syndromes somatiques qui était extrêmement intéressant. C’est un aspect que nous abordons différemment dans notre cursus. Lors de nos cours en Suisse, nous parlons de ce sujet à travers différentes thématiques mais n’avons pas de cours ciblé uniquement sur celui-ci. Durant le cours de vendredi matin, ce thème a été abordé par différentes situations expliquées par le professeur. Nous poursuivons la matinée avec un cours sur les tractions lombaires effectuées par une machine. C’est une première pour nous car nous n’utilisons pas cette technique en Suisse. Une fois de plus, nous apprenons énormément et avons la chance de pouvoir tester ces techniques en pratique car chaque table de traitement est équipée d’une machine. Même si la littérature montre un effet supérieur des exercices, les tractions sont couramment utilisées à Hong Kong car elles permettent de traiter plusieurs patients en même temps. Ceci permet d’augmenter la rentabilité des hôpitaux publics actuellement bondés.

Durant la pause de midi, nous avons rendez-vous avec nos 2 étudiants ambassadeurs qui ont pour mission de nous faire découvrir Hong Kong et la culture locale. Un dîner typique, composé de Dim Sum, nous a permis de démarrer le programme concocté avec soin par Lucas et Hei. Ce repas est composé de petits plats à partager, comparables à des tapas, autant salés que sucrés. Nous terminons ce repas avec un délicieux flan à la mangue. Après cette dégustation, nous prenons le métro direction Hong Kong Island et son magnifique parc. Nous suivons nos 2 guides qui nous font visiter la volière et la serre avant de conclure cette partie du programme par une visite du musée du thé. Nous nous y arrêtons afin de goûter différentes sortes de thés traditionnels et découvrons avec surprise qu’il en existe une grande diversité. Nous avons l’occasion à plusieurs reprises de discuter avec les 2 étudiants des différences entre la Suisse et Hong Kong par rapport aux systèmes scolaire ou de santé et les questionnons sur la relation entre la Chine et Hong Kong, sur la culture, etc… Ils nous expliquent que pour pouvoir entrer dans la faculté de physiothérapie, les élèves doivent figurer parmi les meilleurs 4% des résultats à l’examen commun de la fin de la « high school ». Cela nous impressionne car le système de sélection est totalement différent du nôtre. Une ambiance très amicale s’est créée au fil de l’après-midi. Après quelques recherches pour trouver un restaurant, nous nous délectons d’un souper malaisien et reprenons le ferry pour rentrer à l’hôtel, afin de nous reposer et reprendre des forces pour le week-end après cette première semaine intense.

Bilan de la semaine : nous sommes impressionnées par les différences culturelles et sociétales que nous découvrons et par le contraste entre zones urbanisées et nature que nous observons. Nous avons énormément appris, tant au niveau physiothérapeutique que personnel. De plus, nous sommes sorties de notre zone de confort en osant déguster énormément de cuisine traditionnelle composée d’aliments peu habituels pour nous. Nous nous réjouissons des découvertes de la 2e semaine.

Le petit plus : le dévouement sans faille de nos chers ambassadeurs.

 

 

Samedi 23 février

Nous nous donnons rendez-vous à 10h pour nous rendre sur l’île de Lantau. A l’origine, nous voulions prendre le téléphérique pour aller voir le Bouddha de Tian Tan, mais il est fermé à cause du vent. Après un trajet en bus lent et pentu, nous arrivons à destination. Nous observons durant le trajet que cette l’île est différente du centre de Kowloon. En effet, il y a beaucoup de petits villages au milieu de régions où la végétation est dense. Dans les zones plus urbanisées, les immeubles sont plus vieux mais les constructions sont toujours aussi serrées et étroites. Malgré le mauvais temps, nous avons la chance de voir le Bouddha de Tian Tan durant 10 minutes avant que le brouillard ne le recouvre presque complètement. Ici, la météo peut changer en très peu de temps. Nous remarquons avec surprise que beaucoup d’animaux se promènent librement sur le site tels que des chiens, des chats et des vaches. C’est sous la pluie et dans le froid que nous visitons le temple des dix-milles Bouddha ainsi que le monastère de Po Lin. Nous apprécions le travail minutieux de la décoration et de la construction des bâtiments. Rien n’est laissé au hasard et tout est poussé à la perfection, à l’image de la culture hongkongaise nous semble-t-il. De plus, nous remarquons que les gens apprécient de faire des offrandes et brûler de l’encens lorsqu’il se recueillent. Nous reprenons ensuite notre chemin en direction du village des pêcheurs à Tai-O. Nous découvrons alors un autre aspect de vie locale, plus précaire. En effet, les habitations semblent se limiter à l’essentiel. De plus, en dehors de la pêche, le tourisme paraît être un des principaux revenus des habitants. Durant notre ballade, nous pouvons observer et sentir le poisson sous toutes ses formes. Les rues sont remplies de petits stands très semblables. Puisque la faim se fait sentir, nous dégustons un petit en-cas avant de repartir en direction du Bouddha afin d’acheter quelques souvenirs. Après notre retour en bus, lors de notre souper, nous faisons le point sur notre première semaine à Hong Kong, ce qui permet de synthétiser toutes nos discussions informelles faites auparavant. Nous terminons notre journée au Ladies’ market où nous nous initions à l’art du marchandage.

Le petit plus : la courte éclaircie sur le Bouddha à notre arrivée.

 

Dimanche 24 février

Nous profitons du dimanche matin pour prendre du temps personnel. Rendez-vous à midi pour aller prendre un repas dans le quartier animé de Mong Kok. Pour digérer, nous nous dirigeons vers les rues chargées de magasins et les marchés, qui sont tous ouverts le dimanche. Nous ne sommes pas les seules à avoir eu cette idée car les rues sont bondées d’habitants locaux et de touristes. Nous profitons de cette expédition pour faire des repérages pour nos futurs repas afin de découvrir de nouvelles saveurs. Nous remarquons la différence d’architecture entre la ville et les banlieues. En effet, ici tout est misé sur l’apparence des magasins et des vitrines mais une fois le nez levé les immeubles sont moins bien entretenus. Nous nous demandons si ce ne serait pas dû à l’humidité ? Une fois la séance shopping terminée, nous partons nous ressourcer au parc afin de reprendre un peu d’énergie pour la semaine qui nous attend. Nous terminons cette journée de repos par un souper où nous avons beaucoup rit.

Le petit plus : les rires liés à la chute d’un Iphone dans le plat de curry.

 

Jour 8: lundi 25 février

Nous recommençons la semaine par un cours théorique suivi d’un cours pratique sur l’électro-acupuncture. Nous sommes toutes un peu anxieuses de tester cette nouvelle technique inconnue pour nous et sommes réparties chacune dans un groupe de pratique différent. Le cours théorique nous permet de reposer les bases de l’électrothérapie car ces cours sont déjà lointains pour nous. En effet, ils datent de notre première année et nous n’avons pas eu l’occasion de revoir ces techniques en stage. Le mélange de la physiothérapie classique et de l’acupuncture chinoise illustre bien les influences diverses de Hong Kong, un héritage britannique mêlé au contexte culturel chinois.

Ensuite, place au cours pratique. Nous nous intégrons chacune dans notre groupe et commençons à nous familiariser avec les aiguilles. Nous commençons par de l’acupuncture simple. Les étudiants possèdent une liste de points et doivent les entraîner par binômes. Pour débuter, ce sont les étudiants qui pratiquent entre eux en nous expliquant ce qu’ils font et comment ils le font. Quelques démonstrations et questions plus tard, nous pouvons à notre tour faire cobaye. Certains points d’acupuncture sont plus douloureux que d’autres et les sensations ne sont pas les mêmes partout dans le corps. Bien heureusement, les étudiants hongkongais se portent ensuite volontaires pour que nous puissions les piquer. Ils choisissent des points faciles et nous expliquent avant et pendant les différentes actions à effectuer. Ils ont déjà un peu d’expérience dans le domaine car ils ont des cours d’acupuncture chaque semaine. Cependant c’est la première fois qu’ils testent l’électro-acupuncture et semblent légèrement nerveux face à cette nouvelle technique. Nous pouvons remarquer durant la pratique que les points à piquer sont choisis avec une grande précisions. Pour cela, les physiothérapeutes ont l’avantage de bien connaître l’anatomie humaine et de pouvoir rechercher efficacement ces points. Une grande première pour nous toutes, nous sommes heureuses de tester cette technique et de se piquer !

Après un repas avalé en vitesse en raison de notre courte pause, nous reprenons en début d’après-midi avec un cours concernant un patient simulé. C’est très intéressant pour nous car nous n’avons pas de cours de musculo-squelettique sous cette forme. Nous pensons que ce type de cours pourrait amener un plus à notre formation en nous permettant de mettre d’avantage en lien les informations. Ici, un élève se porte volontaire à l’avance pour exposer une douleur devant l’auditoire. Un physiothérapeute extérieur vient nous démontrer sa manière de pratiquer en effectuant l’anamnèse puis l’évaluation du patient. Il réfléchit à haute voix devant tout le monde et les élèves peuvent poser leurs questions durant et à la fin du cours. Cette démonstration nous donne un exemple concret de la pratique du physiothérapeute au quotidien. En effet, les douleurs ne sont pas toujours bien expliquées par le patient et les réponses manquent des fois de précision. Nous ressentons l’énorme expérience du physiothérapeute qui mène le patient afin d’avoir des réponses convenables et précises.

Nous terminons cette journée bien remplie par un cours sur l’ataxie. Il s’agit pour nous d’un rappel de ce que nous avons vu l’année passée dans le cadre des cours de neurologie. Nous passons en revue les différents symptômes de l’ataxie, les causes ainsi que les moyens thérapeutiques.

En ce qui concerne le souper, nous avons plaisir à organiser un repas pour remercier nos deux ambassadeurs pour leur accueil chaleureux. Afin de choisir une valeur sûre, nous retournons (pour la troisième fois) au restaurant thaïlandais se trouvant près de l’hôtel. Nous les retrouvons à 19h devant la PolyU afin de leur montrer le chemin jusqu’à l’hôtel. Les serveuses commencent à nous connaître et nous indiquent directement la bonne table. Nous passons, comme à chaque fois, un merveilleux moment en compagnie de ces deux garçons. Leur offrir le souper n’est pas une mince affaire car ce n’est pas dans les règles de leur rôle d’ambassadeurs. Une jolie amitié s’est créée et nous redoutons déjà le moment de les quitter.

Le petit plus : les discussions variées et approfondies du souper avec nos chers ambassadeurs, Lucas et Hei.

 

Jour 9: mardi 26 février

Nous entamons notre avant-dernière journée de cours et commençons par un petit détour à la boulangerie, où des pains de toutes sortes nous attendent. Nous pouvons y goûter des pâtisseries qui mélangent des goûts sucrés et salés. C’est surprenant mais nous nous y habituons. Ensuite direction le campus pour un cours de cardio-vasculaire. A travers plusieurs questionnaires Kahoot, nous répondons à des questions de révisions puisque les étudiants ont bientôt leur session d’examen. L’ambiance est bon enfant, tout le monde est participatif malgré la difficulté de l’exercice.  Nous constatons que leurs connaissances de certains sujets sont plus approfondies, ils savent par exemple analyser des électrocardiogrammes. Nous terminons à 10h30 et reprenons les cours cet après-midi, à 13h30 pour Lorène et Mélanie et à 15h30 pour Marion et Elena. En attendant, nous profitons de ces moments sans cours pour avancer dans la rédaction de notre journal de bord ou du blog et profitons également d’explorer le quartier.

Pendant l’après-midi, nous abordons l’évaluation de l’articulation sacro-iliaque. Le contenu a déjà été abordé durant les cours de 2e année BSc à Lausanne mais cela nous permet de réviser la matière. Le cours est divisé en deux parties : théorie et pratique. Lors des cours de pratique, nous avons été surprises de constater que les étudiants ne se changent pas dans la classe comme nous en avons l’habitude à Lausanne. Des vestiaires séparés hommes et femmes contenant des cabines individuelles sont mis à leur disposition. Cet après-midi, l’enseignante commence par nous expliquer l’anatomie et la biomécanique de l’articulation. Ensuite, nous sommes divisés en plusieurs groupes afin de réfléchir puis expliquer à la classe les différents aspects de la sacro-iliaque. Ces aspects étant les mouvements de nutation et contre-nutation, les ligaments, les muscles, les repères osseux et l’observation. Par la suite, nous pratiquons la palpation et les tests de provocation de la douleur. Nous formons des groupes de deux et pouvons observer que les binômes ne sont pas mixtes, même si les étudiants ont la possibilité de pratiquer sur un homme ou une femme. Les tests sont similaires à ceux que nous avons vus, cependant la difficulté que nous avons eue était de traduire les différentes abréviations des repères palpatoires en anglais. La sacro-iliaque étant une zone plus intime, nous constatons beaucoup de pudeur entres les étudiants. Ils utilisent des linges pour se couvrir et palper les repères à travers, et utilisent les mains du cobaye pour palper certains repères comme la symphyse pubienne ou les tubérosités ischiatiques.

Une fois les cours terminés, nous décidons de nous rendre au Temple Street Night Market. Nous profitons de ce marché pour mettre à l’œuvre nos talents de négociatrices. Après de bonnes affaires, nous partageons un agréable souper.

Le petit plus : une petite dame invisible derrière ses boîtes de sagex traversant un carrefour animé.

 

Jour 10: mercredi 27 février

Nous profitons d’une bonne nuit de repos, étant donné que nous commençons les cours un peu plus tard que les matins précédents. Nous suivons les présentations des élèves sur une situation cardio-vasculaire. Par petits groupes, ils présentent leur situation, d’abord de manière théorique en donnant les éléments essentiels de l’anamnèse et du raisonnement pour la prise en charge. Puis ils simulent la situation avec un élève représentant le patient et les autres prennent le rôle du physiothérapeute. C’est formateur de pouvoir suivre ces cours car nous avons l’occasion d’observer des situations courantes avec un exemple de prise en charge. C’est également intéressant de relever les consignes données par le thérapeute au patient. Pendant qu’un élève traite le patient, le reste du groupe commente et justifie les actes démontrés. Nous ressentons et comprenons le stress de certains élèves car les présentations durent environ 30 minutes et sont filmées. Shirley Ngai, la professeure, fait un débriefing à la fin des présentations avec des remarques similaires à celles que nous recevons lors de nos présentations, telles que la nécessité de référencer toutes les sources, bien respecter le temps, développer les parties réflexives, etc.

À midi nous retrouvons Hei et Lucas et allons manger avec eux. Nous profitons des quelques jours qu’il nous reste pour passer du temps avec eux. Nous mangeons nos premiers spaghettis depuis que nous sommes à Hong Kong. A la fin du repas, les deux ambassadeurs nous offrent à chacune un petit emballage avec une carte personnalisée, une photo et un porte clé. Nous les remercions infiniment et sommes toutes émues par autant d’attention. C’est incroyable comme les liens se sont rapidement tissés. Ils vont beaucoup nous manquer à notre départ. Anjali profite également de passer du temps avec Jessica Rauszen et va manger avec elle.

Une fois les cours terminés, nous voulons aller au « Temple Sik Sik Yen Wong Tai Sin », mais nous nous rendons compte en chemin que le temple ferme à 17 heures 30. Au lieu de ça, nous dégustons à nouveau un « egg ball » (les gaufres typiques hongkongaises). Pour faire dans l’originalité nous cherchons un marché que nous n’avons pas encore visité : le « Jade Market ». Ce petit marché couvert ne contient que des stands de bijoux où nous découvrons les différents types de jade. Afin de tester des boissons locales, nous nous rendons au restaurant. Nous y commandons des « soju », un alcool fruité. Anjali nous offre avec gentillesse le souper ce soir et nous nous faisons un plaisir de toutes déguster le même plat, un hot pot coréen. Les discussions sont animées et nous rigolons beaucoup.

Le petit plus : le cadeau touchant de nos chers ambassadeurs.

 

 

Jour 11: jeudi 28 février

Avant-dernier jour à Hong Kong et un programme riche nous attend. Nous avons rendez-vous à 9h30 sur Hong Kong Island au cabinet de Kenny Yu. Nous faisons connaissance autour d’un café qu’il nous offre très gentiment et profitons de ce moment pour discuter du système socio-sanitaire de Hong Kong. Il est le co-fondateur de SKP Medical Group, cabinets de physiothérapie privés. Nous découvrons que des techniques de physiothérapie classique y sont proposées, ainsi que des techniques d’acupuncture et de cupping. Cette dernière utilise des ventouses en silicone que l’on peut placer partout sur le corps afin de mobiliser les fascias, améliorer la vascularisation locale et mobiliser les tissus mous. Kenny Yu nous a très gentiment offert un set de ventouses à chacune afin que nous puissions tester cette nouvelle technique. A travers ses différentes explications, nous avons pu nous rendre compte que plusieurs concepts de sa pratique rejoignaient ceux que nous avons appris. Par exemple le principe du test-retest, les exercices mêlant renforcement et proprioception, le principe de rendre le patient actif dans sa prise en charge ainsi que les différents liens avec l’Evidence Based Practice. Nous le remercions pour son incroyable accueil et le temps qu’il nous a consacré.

Après 30 minutes de trajet en direction de l’ouest de l’île et un sandwich avalé en vitesse, nous arrivons au MacLehose Medical Rehabilitation Centre. Nous sommes accueillies par Catherine Wong, qui commence par une brève présentation sur l’organisation des différents hôpitaux publics. En effet, Hong Kong est divisé en 7 clusters, qui correspondent à différentes régions et possèdent chacun différentes institutions de santé dans le domaine public. Nous visitons ensuite l’établissement et pouvons observer le déroulement de séances de physiothérapie, qui diffère de ce que nous connaissons. En effet, nous constatons notamment que la pouliethérapie est très utilisée. Elle permet d’autonomiser le patient, ce qui permet aux physiothérapeutes d’effectuer plus de traitements en une journée. Le problème principal des hôpitaux publics est la forte demande en soins. Afin de palier à cela, plusieurs solutions ont été mises en place. Il existe un système de priorisation des pathologies. Ainsi, une personne avec un problème chronique peut attendre jusqu’à une année avant d’avoir un traitement. Sur environ 3’000 physiothérapeutes à Hong Kong, 1/3 pratiquent dans le domaine public alors que 2/3 travaillent dans le privé. Par contre, 85% de la population se fait soigner dans les institutions publiques. Cela impacte l’organisation des physiothérapeutes. Dans ce centre de rééducation, le temps passé avec le thérapeute ne va pas excéder 30 à 45 minutes mais le temps total de thérapie peut aller jusqu’à 2 heures. Nous apprenons également que certaines personnes choisissent de se faire traiter dans le domaine public malgré des moyens suffisants pour accéder aux soins privés, en raison de la qualité des spécialistes dans certains domaines. Une autre différence de taille s’observe dans les coûts entre public et privé. Par exemple, une journée d’hospitalisation dans le domaine public coûte 100$ alors qu’en privé, le lit uniquement coûte 3’000$ par jour. Nous sommes surprises par tant de différences public/privé et apprécions d’avoir pu poser toutes nos questions. Nous remarquons des différences avec les problématiques de santé en Suisse, bien que la population de ces 2 endroits soit semblable.

Nous finissons la journée par un bref passage au temple de Man Mo, où nous apprécions la beauté du lieu, mais un peu moins la forte odeur d’encens. Nous rentrons enrichies de cette journée et profitons d’offrir un souper à notre chère Anjali, pour la remercier d’avoir été si gentille avec nous.

Le petit plus : Les ventouses offertes par Kenny.

 

Jour 12: vendredi 1er mars – last day

Nous commençons notre dernier jour par un réveil à l’aube. Après avoir fait le check-out et déposé nos valises en consigne, nous partons en direction de l’hôpital de Tuen Mun. Il s’agit d’un hôpital public de soins aigus et de réhabilitation. Nous y découvrons un environnement plus familier au nôtre, en comparaison avec le centre de réhabilitation visité hier. Nous remarquons néanmoins que les chambres sont ouvertes et sont disposées autour du desk central des infirmiers. Le matériel est très neuf et nous apprenons que le bâtiment de réhabilitation a été construit récemment. Nous constatons que les règles d’hygiène hospitalière sont respectées de manière plus stricte que dans le centre de réhabilitation d’hier. Le physiothérapeute qui nous accueille, Hei, nous explique le fonctionnement de l’établissement. Les domaines traités ici sont la neurologie, la pédiatrie, la gériatrie, les soins palliatifs et le cardio-pulmonaire. C’est un centre très polyvalent. Nous remarquons que la salle de réhabilitation est bien plus grande que chez nous et supposons que la physiothérapie a une grande importance dans la prise en charge des patients en vue du retour à domicile. La salle est équipée de machines modernes, comme le « Lokomat ». Nous avons eu la chance de pouvoir assister à une démonstration en direct avec une patiente installée sur cet appareil. De plus, nous avons eu l’opportunité de suivre en partie un traitement effectué avec l’aide de la stimulation magnétique transcrâniale. Pour terminer cette matinée de découvertes, nous sommes reçues dans le laboratoire d’analyse du mouvement. Le principe nous est expliqué à travers plusieurs vidéos de patients atteints dans leur schéma de marche.

Nous partons ensuite en direction de Lamma Island, où nous rejoignons Jessica et Lukas pour une dernière expédition dans la nature. Jessica a habité sur l’île pendant 7 ans et en profite pour nous faire visiter ce bel endroit. Nous marchons et découvrons de beaux paysages que nous n’avions jamais vu jusqu’à maintenant et bien différents de la ville. Nous faisons plusieurs arrêts en chemin dont un à la plage où nous profitons de tremper nos pieds dans la mer de Chine (ou plutôt de Hong Kong selon les locaux).  Nous clôturons ce voyage par un dernier repas où Hei nous rejoint. Jessica profite de ce moment tous ensemble pour nous demander un feedback écrit de notre programme durant les 2 semaines passées ici. Nous reprenons ensuite le ferry et rentrons tous ensemble à l’hôtel. Arrive le moment tant redouté des adieux avec nos deux ambassadeurs et Jessica. C’est le cœur lourd que nous les quittons et nous espérons les revoir bientôt, en Suisse.

Synthèse

Ces deux semaines ont été enrichissantes, grâce aux cours suivis à la PolyU et aux différentes visites d’hôpitaux publiques. Nous avons découvert différentes manières de travailler et d’autres approches. Ceci nous permet d’avoir un esprit critique sur notre système de santé en Suisse. Nous avons visité deux cabinets privés dont un avec des techniques plus similaires à celles que nous connaissons, ce qui nous permet d’enrichir notre bagage de physiothérapeute. Nous avons également pu nous familiariser avec la culture locale et avons découvert un aspect plus « nature » de Hong Kong, ce qui nous a permis d’élargir notre image de cette région. Nous avons appris autant au niveau humain que professionnel. Toutes les personnes rencontrées nous ont accueillies chaleureusement et se sont données de la peine pour nous mettre à l’aise et nous instruire. Nous avons pu poser toutes les questions que nous avions au départ et nous sommes conquises par l’expérience de cet échange interculturel. 

Le petit plus : Les ventouses offertes par Kenny.