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Intercultural Dialog in physiotherapy, Hong Kong

24 mai 2018

Jour 1

Après un long périple, nous arrivons en fin de journée à Hong Kong. Nous sommes tout de suite fascinés par l’équilibre entre nature et urbanisation. En effet, Hong Kong est un « patchwork » composé de zones de nature vierge et montagneuse et de secteurs urbains remplis de gratte-ciels, avec une densité de population extrêmement importante.
Nous profitons de cette première soirée pour nous promener dans cette ville pleine de vie, découvrir la nourriture locale, et prendre le ferry de nuit qui relie Kowloon à Hong Kong Island. La vue sur la skyline illuminée est magnifique !

Le lendemain matin, nous découvrons la Polytechnic University de Hong Kong où nous sommes accueillis par Veronika Schoeb, chercheuse à la PolyU mais également chercheuse associée à HESAV. Nous abordons avec elle l’importance du contexte social, économique et politique sur la pratique de la physiothérapie à Hong Kong et à travers le monde.
Ensuite, nous sommes pris en charge par Jessica Rauszen, enseignante à la PolyU. Elle nous fait découvrir le campus, qui nous semble être un véritable labyrinthe. Nous visitons les salles de cours et avons été impressionnés par les nombreux matériels d’électrothérapie à disposition des étudiants. Nous avons également visité la Rehabilitation Clinic, qui est une clinique privée au sein du campus, principalement destinée aux étudiants et au personnel travaillant à la PolyU mais s’adressant également à la population générale. Nous nous réjouissons de visiter d’autres institutions afin de découvrir les différentes prises en charge physiothérapeutiques à Hong Kong.
Jessica nous fait ensuite découvrir un programme de simulation de bilan en physiothérapie sur ordinateur, sur lequel nous devrons nous exercer.

Coup de cœur :
Nous remercions Veronika et Jessica pour leur accueil chaleureux et leur aide précieuse dans l’organisation de cette aventure !

Jour 2

Aujourd’hui est un jour férié à Hong Kong puisqu’on fête l’anniversaire de Bouddha. Nous n’avons donc pas de cours mais nous avons rendez-vous avec Natalie et Stephanie, deux étudiantes de la PolyU. Nous les avions déjà rencontrées lors de leur stage en Suisse. A notre team s’ajoute pour la journée Wilson, un étudiant Hongkongais parti étudier en Australie. Tous ensemble nous sommes allés déguster des spécialités locales comme les pattes de poulet, les Dim Sum ou encore du riz cuit dans une feuille de lotus.
Après un long périple dans la station de métro Central afin de trouver le bon bus, nous embarquons en direction du Hong Kong Peak. Il s’agit d’un point culminant offrant une vue magnifique sur la ville.
La chaleur et l’humidité nous amènent à découvrir la glace à la patate douce, qui fut excellente. Durant ce moment, nous échangeons sur les différences entre les cursus académiques en physiothérapie de nos trois pays d’étude respectifs.
Après s’être assurés que nous retrouverions bien notre chemin, nos hôtes ont pris congé de nous. De notre côté, nous avons fait une balade de 1h autour du Peak. Cela nous a permis de découvrir une végétation dense et des points de vue magnifiques.
Notre journée se termine autour d’un sympathique souper taïwanais où nous avons partagé nos différentes expériences de stage et dégusté un fameux Bubble Tea.

Coup de cœur :
La gentillesse de nos hôtes et le shooting photo avec des décors trompe-l’œil.

Jour 3

Après avoir travaillé sur nos projets respectifs, nous avons fait la connaissance du Dr. Priya Kannan. Il s’agit d’une chercheuse associée à la PolyU spécialisée en uro-gynécologie. Elle nous a exposée ses différents sujets de recherche et ses projets futurs. Elle a notamment réalisé une étude qui a démontré l’utilité de l’exercice aérobie pour diminuer les douleurs menstruelles. A notre grande surprise, nous avons appris qu’il existait une potentielle corrélation entre le port de hauts talons et une faiblesse des muscles du plancher pelvien, pouvant entraîner une incontinence. Cette intervention nous a ainsi permis d’élargir nos connaissances dans ce domaine.
L’après-midi, nous avons rencontré le Dr. Arnold Wong, un chercheur passionné s’intéressant aux problèmes de lombalgie chronique. Après nous avoir présenté ses diverses recherches, il nous a fait découvrir son laboratoire de recherche qu’il partage avec son assistant Matthew. L’une d’entre nous a ainsi pu participer à une recherche. Le but est d’observer l’impact d’une orthèse de correction posturale sur l’activité musculaire et la posture pendant un travail prolongé sur ordinateur en position assise. Nous avons également pu tester un appareil mesurant la raideur vertébrale au niveau lombaire.
Cette incursion dans le monde de la recherche nous a fait découvrir la réalité du terrain et combien il était complexe d’avoir un contrôle complet sur toutes les variables d’une étude.
Nous avons terminé notre journée par une nouvelle découverte culinaire avec des spécialités coréennes.

Coup de cœur :
La passion des deux intervenants !

Jour 4

Ce matin, nous avions rendez-vous avec un chercheur de la PolyU afin d’observer l’évaluation de l’équilibre de 2 patients atteints d’ataxie cérébelleuse. L’examinateur leur a notamment fait passer le Berg Balance Scale et la SARA, puis les a placés sur une plateforme de stabilométrie. Sur l’écran, nous pouvions voir le déplacement du centre de pression du patient en fonction des consignes qui lui étaient données. Ce procédé s’inscrivait dans un projet de recherche concernant l’effet du Tai Chi sur les troubles de l’équilibre liés à l’ataxie cérébelleuse. C’est le Dr. Stanley Winser qui nous a présenté l’étude en cours dans une salle de séminaire en fin de matinée.
Pour le repas de midi, Jessica nous a emmenés dans un restaurant japonais, ce qui nous a permis de continuer notre marathon des saveurs asiatiques.
Durant l’après-midi était organisée une séance d’introduction aux troubles vestibulaires avec le Dr. Doris Chong. Tout d’abord, nous sommes retournés dans la salle avec la plateforme de stabilométrie et avons eu l’opportunité de tester nos capacités d’équilibration. Par la suite, nous avons reçu un apport théorique et quelques notions pratiques concernant la prise en charge du « vertige paroxystique positionnel bénin » (VPPB).
En fin de journée, nous avions un peu de temps libre pour profiter de la piscine de la PolyU. Un grand merci à Jessica qui a fait les démarches pour nous autoriser l’accès au bassin.
Pour finir, nous avons expérimenté du Tai Chi avec Will Wong qui nous a ensuite emmenés manger dans un restaurant typique. Nos bols de nouilles étaient gargantuesques et Will nous dit qu’il est normal pour les Hongkongais de manger autant. Il est surpris d’apprendre qu’en Suisse nous dormons environ 8h par nuit et ajoute qu’il se couche tous les soirs à 2h du matin. Leur rythme nous semble particulièrement intense !

Coup de cœur :
Le patient présent pour l’évaluation de l’équilibre qui était rayonnant et a égayé notre matinée.

Jour 5

Notre journée débute avec la visite du service de réhabilitation du Tuen Mun Hospital, un hôpital public se trouvant en périphérie de la ville de Hong Kong. Nous découvrons en premier lieu la salle de traitement pour les patients ambulatoires et nous nous rendons compte que la prise en charge en physiothérapie est passablement différente dans le service public. En effet, les soins sont bons marchés et donc accessibles à tous mais l’attente pour obtenir un rendez-vous peut être très longue. Un physiothérapeute peut faire un traitement avec 4 à 6 patients en même temps, et le temps de traitement par patient est relativement bref. Il y a cependant des « assistants physiothérapeutes » qui peuvent également surveiller et conseiller les patients lorsqu’ils font leurs exercices. Nous constatons l’impact du système de santé sur la pratique de la physiothérapie. En effet, il y a peu de thérapeutes pour un grand nombre de patients. C’est pourquoi ceux-ci ont mis en place différentes stratégies afin de s’adapter aux contraintes, notamment avec l’utilisation importante d’électrothérapie, ce qui leur permet de pouvoir traiter plusieurs personnes en même temps.
Nous visitons ensuite le service de neuroréhabilitation de l’hôpital. Les patients dorment tous dans un espace commun ouvert avec des rideaux comme cloisons. Du fait de cette proximité, les hommes et les femmes sont hospitalisés dans des secteurs différents. Là encore, la masse de travail est très importante puisqu’un physiothérapeute traite jusqu’à 40 patients par jour. Ils doivent ainsi optimiser et prioriser les traitements. Il y a beaucoup d’équipements à disposition et notre hôte, Hei, nous démontre notamment l’utilisation du Lokomat et l’usage de la stimulation magnétique transcrânienne (TMS).
Après cette visite très enrichissante, nous nous déplaçons dans le cœur de Hong Kong Island afin d’y rencontrer Kenny Yu, un physiothérapeute qui dirige plusieurs cabinets privés à Hong Kong. Avec lui, nous observons et testons notamment deux techniques dérivées de la médecine chinoise : le dry needling et les ventouses. Il est intéressant de voir comment Kenny utilise et explique ces deux outils. En effet, bien qu’originellement ces pratiques découlent de la médecine chinoise, il donne des explications très anatomo-physiologiques, qui correspondent plus à une vision occidentale. Nous voyons également que le contexte en cabinet privé est très différent car non régi par le système de santé public. Les prix sont nettement plus élevés mais les séances durent environ 30 minutes et sont individuelles. Nous retrouvons beaucoup de similitudes avec la pratique privée en cabinet en Suisse.
Cette journée nous aura vraiment permis d’observer l’importance de la politique de santé sur la pratique en physiothérapie et de constater la différence entre les contextes publics et privés.
Coup de cœur :
Visite du temple Man Mo, alliant magnifiquement les couleurs rouge, noir et or. Ses effluves d’encens et son ambiance reposante nous ont permis de nous ressourcer.

Jours 6 et 7

Ce week-end fut chargé en découvertes et en rencontres ! Samedi, nous avons fait la connaissance de Kitty et Eva, deux étudiantes en physiothérapie qui viendront en Suisse pour leur stage l’année prochaine, et avec qui nous avons visité le temple de Wong Tai Sin. Ce lieu de culte est l’un des plus grands et plus connus de la ville. Malgré la chaleur et le monde, nous avons pu apprécier les couleurs flamboyantes des décorations murales et la quiétude du jardin qui se trouvait derrière le temple. Après un repas dans un restaurant typique, les filles nous ont emmenés au marché de Mong Kok, dans lequel nous avons pu effectuer quelques achats et nous initier à l’art du marchandage. Nous avions déjà été surpris par la densité de population à Hong Kong mais ce quartier était de loin le plus impressionnant. Après avoir goûté plusieurs spécialités locales dont nous tairons l’origine, nous nous sommes dirigés vers Hong Kong Island pour nous restaurer dans des établissements servant des repas cantonais. Un grand merci aux filles pour leur accueil chaleureux et leur accompagnement tout au long de la journée.

Dimanche fut le jour des grandes retrouvailles ! Samantha, étudiante de Hong Kong qui avait effectué son stage avec Chanel l’année passée, accompagnée d’une amie, nous a emmenés voir l’imposant Bouddha sur l’Ile de Lantau. Nous nous sommes sentis très petits face à l’envergure de la statue. Nous avons également visité un monastère bouddhiste richement décoré. Après un petit voyage en bus nous avons passé l’après-midi à la plage. Nous avons pu profiter de la mer de Chine pour nous baigner, prendre un peu de temps pour nous et partager nos expériences.

Coup de cœur :
Les découvertes culinaires (surprenantes !) et la chute acrobatique de Chloé incroyablement bien maîtrisée ! 😉

Jour 8

La journée de lundi ne fut pas de tout repos. En effet, deux d’entre nous devions nous rendre dans une clinique utilisant notamment l’acupuncture comme moyen de traitement. Cependant, arrivées à l’adresse indiquée, nous avons été redirigées à l’autre bout de Hong Kong, où nous avons retrouvé nos hôtes avec un retard certain. Malgré cela, nous avons été fort bien accueillies et avons pu observer des traitements de patients. Les explications de Danny et Bobby, les physiothérapeutes, étaient très intéressantes et nous ont permis de faire plusieurs liens avec nos cours sur la douleur. Nous avons aussi eu l’occasion de discuter de la place des exercices actifs dans le traitement. En effet, à Hong Kong, les traitements sont souvent basés sur des techniques passives telles que thérapie manuelle, électrothérapie et acupuncture.
Nous nous sommes tous retrouvés l’après-midi afin de nous rendre au Maclehose Medical Rehabilitation Centre, où nous sommes accueillis par Catherine, la physiothérapeute cheffe. Elle nous fait visiter la salle principale, utilisée aussi bien pour les patients internes et que pour les patients ambulatoires. Nous remarquons la présence de grilles autour des tables de traitement et découvrons l’utilisation de la pouliethérapie. Ce moyen de traitement n’est plus très utilisé chez nous, cependant nous le trouvons intéressant. Nous avons aussi visité les autres locaux du centre, dont une salle de gym pour les programmes de réhabilitation ambulatoires et une grande piscine.
Il nous semble que la pratique de la physiothérapie à Hong Kong soit beaucoup influencée par la très forte demande en soins par rapport à l’offre possible, tandis qu’en Suisse, l’aspect financier reste la problématique principale. Nous avons relevé la place prépondérante de l’éducation thérapeutique et de l’autonomisation du patient. De ce point de vue, nous avons le sentiment que notre propre pratique pourrait encore être améliorée.
Coup de cœur :
Un immense merci à Anjali qui nous a guidés façon Pékin Express à travers le réseau de métro et les rues de Hong Kong malgré le stress et la chaleur.

Jour 9

Ce matin, deux d’entre nous ont pu tester leur connaissances théoriques et pratiques dans le domaine respiratoire. En effet, la PolyU est équipée de deux salles de simulation pratique sur mannequin. Nous avons reçu un cas clinique et après quelques minutes de préparation, nous avons débuté notre intervention auprès du mannequin. Ces conditions particulières d’enseignement nous placent au plus près de la réalité du terrain et nous font véritablement sortir de notre zone de confort. Il s’agit d’un excellent moyen pédagogique. Toute notre séance a été filmée et cela a permis de faire un débriefing approfondi de la situation. La professeure nous a questionné sur nos choix de traitement et notre raisonnement clinique, ce qui a enrichi les compétences déjà acquises durant notre cursus.
La suite de la matinée s’est passée avec le Dr Billy So, qui nous a initié à la pratique de l’acupuncture. Nous avons pu constater les réactions importantes que ce type de thérapie peut engendrer, car une de nos camarades a fait un malaise suite à la pose d’une aiguille. Après ce petit événement, nous avons pu nous entraîner à la manipulation des aiguilles sur des coussins. Billy So nous a également montré une méthode différente où l’on travaille au moyen de petits patchs contenant une graine qui va appuyer sur différentes parties de l’oreille. En effet, tout comme en réflexologie plantaire, les différentes parties du corps sont représentées dans l’oreille. Cette découverte a été très enrichissante pour nous tous.
Après avoir travaillé sur différents devoirs pour la semaine durant l’après-midi, nous sommes allés nous promener au jardin des stars, puis nous avons dégusté un bon repas vietnamien. Notre soirée s’est achevée au sein du Night Market, un lieu coloré où l’on peut acheter tout et n’importe quoi.
Coup de cœur :
Le visage illuminé de Cendrine, fascinée par sa rencontre avec la célèbre statue du maître Bruce Lee.

Jour 10

En début de matinée, les deux étudiants n’ayant pas encore participé à la simulation sur mannequin ont pu effectuer cet exercice. Cela leur a permis de réviser leur raisonnement clinique ainsi que leur prise de position lors d’un travail en duo dans le domaine respiratoire. Par la suite, nous avions tous rendez-vous avec Jessica afin de faire un retour sur le cas clinique du logiciel « Doctor X ». Il s’agit d’un logiciel qui permet de réaliser l’évaluation et le traitement virtuel d’un patient. Cette situation clinique était peu semblable à ce que nous avions généralement l’habitude de voir en classe. En effet, plusieurs composantes étaient à la source du problème, ce qui rendait le cas plus proche de la réalité clinique. Nous avons pu donc discuter avec Jessica à propos du raisonnement clinique et avons apporté nos suggestions quant aux éventuelles améliorations à effectuer concernant l’utilisation du logiciel. Après une courte pause de midi, nous avions rendez-vous avec Irene Wong pour suivre son étude sur les effets d’un programme de marche sur la maladie de Parkinson. Nous avons pu observer les différents tests que les chercheurs faisaient passer aux patients pour leur expérimentation. Nous avions auparavant dû nous familiariser avec le mini-BESTest qui est un outil d’évaluation de l’équilibre. Il est notamment prédictif du risque de chute chez les patients atteints de Parkinson. Certains tests effectués durant l’après-midi ne nous étaient pas familiers car ils sont plutôt utilisés par les ergothérapeutes chez nous. Nous avons profité de la fin de journée pour faire une session de sport dans le parc de Kowloon où Cendrine nous a initiés au Shorinji Kempo (art martial de « self defense » japonais). Après avoir bien transpiré et nous être fait dévorés par les moustiques, nous avons rejoint Anjali pour aller souper.
Coup de cœur :
La découverte de la culture indienne et de sa gastronomie grâce aux suggestions d’Anjali. Pour les amoureux de la mangue : testez l’Alphonso !

Jour 11

Ce matin, deux d’entre nous ont visité le centre V-Care, qui est un cabinet privé tenu par Danny Chan. Danny est physiothérapeute, mais est également diplômé en médecine chinoise et en acupuncture. Nous l’avons suivi durant environ deux heures et nous avons pu observer sa prise en charge des patients. Il base ses thérapies sur les principes de la médecine chinoise traditionnelle. Nous avons appris notamment que la localisation des aiguilles varie en fonction de l’heure de la journée, ce qui nous a impressionnés. Il nous a enseigné des façons de stimuler et rééquilibrer le « Chi », qui peut être traduit par l’énergie vitale circulant dans le corps. Les résultats sur la douleur des patients sont quasi-immédiats et ce phénomène est pour nous difficilement compréhensible. Danny nous a également expliqué que dans la médecine chinoise, on ne s’intéresse pas qu’au patient, mais également à la relation de celui-ci avec des concepts globaux comme le monde, le ciel et la terre. Cette façon de penser est très différente de notre vision occidentale du patient et il est donc difficile pour nous de saisir toutes les spécificités de cette approche thérapeutique. Mais c’est vraiment passionnant de voir des manières différentes de prendre en charge un patient.
L’après-midi, nous sommes allés visiter un home pour personnes âgées : le Li Ka Shing Care and Attention Centre for the Elderly. Nous avons découvert que, contrairement à la Suisse, la plupart des homes de Hong Kong ont leur propre service de physiothérapie et d’ergothérapie. Beaucoup d’efforts sont faits pour stimuler cognitivement et physiquement les résidents. Par exemple, l’établissement comprend une chambre sensorielle permettant une stimulation importante des différents sens. Il y a également un jardin thérapeutique et une salle de spectacle. Les physiothérapeutes disposent également d’une salle d’exercice qu’ils partagent avec les ergothérapeutes. Tout ce complexe et l’organisation des soins nous semblent être une prise en charge proche de l’idéal.
Après cette nouvelle découverte, nous retrouvons Will Wong afin de s’exercer une nouvelle fois à l’art du Tai-Chi. Nous nous rendons compte une nouvelle fois de l’importance du concept du « Chi » dans la culture chinoise. En effet beaucoup de choses tournent autour de cette « énergie vitale » qui est importante et qu’il faut stimuler et préserver. Will nous emmène ensuite manger un « Hot pot » hongkongais, qui est une sorte de fondue chinoise avec viande, fruits de mer et légumes. Délicieux !

Coup de cœur :
La maîtrise du Tai-Chi de Will Wong

Jour 12

Ce matin, c’est Anjali qui nous a donné cours. Plusieurs membres de la PolyU sont venus suivre sa présentation sur l’articulation temporo-mandibulaire. Nous avons eu la chance de pouvoir pratiquer certaines techniques d’évaluation ainsi que les moyens de traitement liés à cette articulation. La matière semblait beaucoup intéresser nos hôtes, car ce thème ne fait apparemment pas partie de leur cursus de base.
Par la suite, nous sommes allés manger dans un des multiples restaurants du campus et avons croisé par hasard le Dr Arnold Wong et ses étudiants qui se sont joints à notre table. Le début d’après-midi fut inhabituellement calme afin que nous puissions préparer nos valises, rattraper les jours de retard dans notre journal de bord et nous reposer un peu. Cela fut vraiment bienvenu car le rythme hongkongais commençait à peser sur nos paupières et nous avions besoin de ce moment de répit.
En milieu d’après-midi, Jessica nous a rejoints à l’hôtel et nous sommes allés sur l’île de Lamma afin de nous rafraîchir un peu et de souper avec Kenny Yu, qui nous a généreusement offert quelques ventouses afin que nous puissions nous en servir dans notre pratique. Ce souper nous a permis d’éclairer une notion qui était ressortie régulièrement durant nos deux semaines. Beaucoup de nos interlocuteurs nous ont parlé du concept de « East meets West » qui semble particulièrement présent à Hong Kong. Ce principe consiste à avoir un regard croisé entre les traditions asiatiques et les influences occidentales et semble très spécifique à cet endroit. Cela nous a particulièrement plu car cette notion reflète une ouverture d’esprit particulière et, selon nous, amène une prise en charge intéressante lorsque l’on considère ce concept dans le domaine de la santé. En effet, les techniques utilisées en médecine traditionnelle chinoise par exemple, peuvent être reprises en adoptant une approche biomécanique tirée plutôt d’une vision occidentale. Tel est le cas du « dry-needling » ou du « cupping » utilisés par Kenny Yu dans son cabinet privé.
Coup de cœur :
Le groupe de musique hongkongais « Shuttle Busk » que nous avons découvert par hasard sur le quai en sortant du Ferry et dont le chanteur nous a touchés avec sa très belle voix.

Durant ces deux semaines nous avons pu vivre une expérience très enrichissante grâce à l’excellente organisation de Jessica et le dévouement des intervenants qui nous ont accueilli dans leur milieu de travail. Un immense merci à eux pour leur chaleureux accueil !