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Intercultural Dialogue in physiotherapy à Valdivia, Chili

19 février 2018

Jour 1 (19/02/18)

Lors de cette première journée, nous avons été chaleureusement reçus par tous les membres de la direction et des étudiant-e-s de la filière physiothérapie de l’Université Santo Tomas (UST) de Valdivia. Les Chiliens sont vraiment très accueillants.

Afin de contextualiser ce programme d’échange interculturel, nous avons eu plusieurs cours dont une présentation sur le système de santé et la physiothérapie au Chili. Cela nous a permis de constater les similitudes de la prise en charge des patient-e-s qui reposent notamment sur le modèle bio-psycho-social et la Classification Internationale du Fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF). Nous avons apprécié le fait que les étudiant-e-s de l’UST puissent participer durant les études à du volontariat dans le but de développer des compétences sociales et humaines. De par la taille de l’université, des olympiades sont aussi organisées chaque année afin de favoriser la cohésion entre les étudiant-e-s de tous les sites de formation de l’UST répartis dans tout le Chili.

Durant la journée, nous avons également visité le marché typique de la ville offrant une grande diversité de poissons, de fruits de mer, de fruits et de légumes. Ensuite, nous avons été invités par les membres de la direction de l’UST pour un succulent repas dans un restaurant de Valdivia.

Jour 2 (20/02/18)

Visite du « Centro de Salud Familiar Mariquina », du village de San José, en compagnie de deux étudiantes de l’UST et du doyen de la filière physiothérapie de l’UST. Dans ces centres communautaires, les personnes prises en charge sont couvertes par l’assurance publique car elles n’ont pas les moyens de s’assurer en privé. Nous avons rencontré et discuté avec des physiothérapeutes et des ergothérapeutes travaillant dans l’établissement. Les pathologies rencontrées sont de niveau primaire, c’est-à-dire non complexes et plutôt chroniques. Dans ces centres, les traitements sont en groupe de quatre patients afin de garantir l’accès aux soins à plus de personnes.

Le personnel de santé travaille en étroite collaboration avec la population indigène, les Mapuches, en utilisant leur savoir ancestral, et se servent couramment des vertus curatives des plantes pour se soigner.

Le centre de santé accueille différents spécialistes de santé, dont des médecins, un dentiste et une pharmacie proposant des médicaments gratuits aux plus démunis, en plus des physiothérapeutes et des ergothérapeutes travaillant dans le centre de réhabilitation.

Jour 3 (21/02/18)

Ce mercredi matin, nous avons visité l’hôpital de Lanco, situé en zone rurale dont la construction a été achevée il y a six mois. Celui-ci se compose de deux secteurs complémentaires, un côté hospitalier qui emploie la médecine moderne et un pavillon proposant des soins faisant appel à la culture des Mapuches. Chaque patient est libre de choisir quelle prise en charge il souhaite bénéficier,  de l’une, de l’autre ou des deux approches.

Une attention particulière est portée à la relation soignant-patient, le patient sera suivi par les mêmes professionnels de santé à chacune de ces visites.

L’établissement possède toutes les salles de soins nécessaires aux besoins de la population, mais la plupart sont néanmoins encore inutilisées dû au manque de personnel. Par exemple, les chirurgiens ne sont pas intéressés à pratiquer dans cet établissement pour des raisons économiques. Afin de répondre aux besoins chirurgicaux, une équipe externe viendra périodiquement durant quelques jours  effectuer toutes les chirurgies de même nature.

Depuis son ouverture, le centre a inscrit plus de 7800 personnes et s’occupe de différents problèmes de santé allant de la prévention jusqu’aux soins d’urgence.

Dans la salle de physiothérapie, nous avons été surpris par sa modernité ainsi que son équipement ressemblant fortement à celui retrouvé en Suisse. Un physiothérapeute doit être capable d’assumer jusqu’à 24 patients par jour, en groupe ou en individuel, et traiter tous types de pathologies et toutes les populations, allant de la pédiatrie à la gériatrie.

Jour 4 (22/02/18)

Le mercredi matin fut occupé par deux cours donnés par des professeurs de l’université Santo Tomas. Un cours sur la neuroréhabilitation et son application actuelle au Chili, ainsi qu’un autre sur la réhabilitation vestibulaire. Celle-ci n’est pas encore fermement implantée dans la pratique physiothérapeutique, mais face au vieillissement de la population elle représentera un enjeu majeur.

L’université de Santo Tomas abrite également une clinique où les étudiants peuvent pratiquer sur des patients, lesquels reçoivent en échange des soins gratuits. Tout est aménagé afin de fournir une thérapie complète. On peut y trouver une salle dédiée aux enfants de 2 à 14 ans permettant une prise en charge guidée par le jeu.

Un apéritif a été organisé par l’UST afin que nous puissions échanger avec professeurs et étudiants pour renforcer les relations engagées depuis le début de notre visite.

L’après-midi, nous avons été reçus par l’Alliance Française à Valdivia, association qui se charge de donner des cours de français aux étudiants de Santo Tomas qui s’apprêtent à partir à l’étranger. Professeurs et étudiants ont pu échanger autour des besoins linguistiques pour les futurs échanges.

Jour 5 (23/02/18)

Pour terminer la semaine, nous sommes allés visiter Las Rosas, une organisation hébergeant et soignant des personnes âgées souffrant d’incapacités, ne pouvant plus subvenir à leurs besoins et rester à domicile. La particularité de cet établissement privé est qu’il prend en charge des personnes démunies, n’ayant pas d’assurance privée leur permettant un accès aux structures médio-sociales privées et dont la famille ne peut pas assumer les frais.

Ce cadre magnifique, coloré et convivial a été financé par un généreux donateur anonyme de la région. Une telle générosité nous a particulièrement touché car elle permet de prendre en charge près d’une centaine de seniors et leur apporter les soins nécessaires au maintien de leur qualité de vie. Une salle de physiothérapie et une salle d’ergothérapie permettent ainsi l’entraînement, la rééducation et la conservation de leurs facultés physiques et mentales.

Un élément que l’on a trouvé remarquable est la solidarité des chiliens envers leurs aînés. En effet, des groupes d’animation, de danse et de chant viennent bénévolement plusieurs fois par semaine divertir et stimuler la créativité des résidents.

Afin de contextualiser cette visite, un cours nous a été donné par un professeur de l’UST portant sur la prise en charge des personnes âgées au Chili. Il nous a été expliqué que celle-ci est relativement récente dans ce pays, en effet c’est à partir de 2002 que le gouvernement chilien a exigé le développement d’une prise en charge plus complète pour cette population. Celle-ci s’est montrée assez efficace puisqu’elle permet au Chili de se placer en 21ème place, dont la 1ère des pays d’Amérique du Sud, selon l’Indice Global de Vieillissement de l’OMS, qui évalue la qualité de vie des personnes âgées.

Jour 6 (26/02/18)

Pour commencer cette deuxième semaine, nous nous sommes rendus en ferry à l’hôpital communautaire et familial de Corral. Cet établissement se charge de la prévention et du traitement des cas peu complexes. Le but de la santé communautaire est d’être implantée au plus proche du domicile des patients et ainsi de créer un lien entre la population et les soignants tout en déchargeant les hôpitaux principaux des pathologies ne demandant pas de moyens de traitement importants.

La directrice des soins nous a fait visiter les différents services et nous a présenté le personnel soignant. L’hôpital dispose d’une salle que nous avons particulièrement appréciée, où une éducatrice spécialisée de la petite enfance prend en charge les enfants présentant un retard de développement moteur ou mental. Cette spécialiste évalue également tous les nouveau-nés de la région afin de détecter d’éventuels problèmes le plus tôt possible. Malgré la modernité de l’établissement, comme à Lanco, le manque de ressources humaines ne permet pas de proposer des interventions chirurgicales.

Nous sommes également allés visiter un parc naturel offrant une vue incroyable sur l’océan et un massif bondé de pingouins, de pélicans et de lions de mer.

Jour 7 (27/02/18)

Ce mardi, nous avons accompagné une professeure et physiothérapeute de l’UST dans sa visite à domicile. Nous avons pu assister à la prise en charge d’un patient atteint de sclérose latérale amyotrophique, une maladie neurogénérative touchant les motoneurones. Ce patient est hospitalisé à domicile c’est-à-dire que son assurance privée lui permet de disposer de tout le matériel médical qui lui est nécessaire, ainsi que des soins de plusieurs auxiliaires de vie, la visite d’un physiothérapeute trois fois par jour et du médecin toutes les deux semaines.

Tous veillent au maintien des fonctions physiques et mentales du patient, et le surveillent 24h/24. Le traitement prodigué par la physio, ainsi que le matériel utilisé sont identiques à ce qu’on peut trouver en Suisse. Le patient, âgé de 67 ans, fut ravi de nous accueillir chez lui, afin que nous puissions en apprendre plus sur sa maladie et ainsi nous sensibiliser à ses conséquences.

Nous avons été particulièrement émus par son courage et sa volonté de profiter de chaque instant. Des organisations non-gouvernementales se sont créés au Chili, financées par la solidarité chilienne afin d’aider les patients à obtenir des fauteuils roulants, qui ne sont pas remboursés par les assurances, et ainsi augmenter leur qualité de vie.

Jour 8 (28/02/18)

Ce mercredi, nous avons fait un débriefing du module et relevé des points positifs et d’éventuels points à améliorer. Globalement, tous les participants ont été ravis de cette expérience et tous, étudiants comme professeurs, étions d’accord sur les points à améliorer dans la perspective de reconduire ce programme.

Le reste de l’après-midi fut occupé par une suite de présentations à l’UST. Le parcours d’un patient atteint d’AVC en Suisse fut présenté par Mme Opsommer, doyenne de la filière physiothérapie à HESAV, son support de présentation ayant été traduit en espagnol, appuyé par la traduction de M. Masias-Valdez, la barrière de la langue ne fut pas un obstacle. M. Carlos Masias-Valdez, doyen des relations internationales, a également présenté le système de santé suisse, avec un aparté sur les rôles et compétences d’un physiothérapeute helvétique.
Deux membres de notre groupe firent une présentation sur le parcours d’un étudiant en physiothérapie, en décrivant également différentes activités estudiantines à HESAV.

Pour finir, une étudiante de l’université Santo Tomàs nous a présenté les programmes qui permettent la prise en charge des pathologies respiratoires au Chili, qui ressemblaient beaucoup à ce que l’on peut trouver en Suisse.

Dernier jour (03/03/18)

Pour conclure notre enrichissant échange inter-culturel, l’université de Santo Tomas a organisé un repas typique du Chili sur le toit-terrasse de l’université: une grillade, composée de brochettes et de hot-dogs traditionnels. Tous les membres de la direction de l’université, les étudiants, les professeurs et les différents intervenants qu’on a eu la chance de rencontrer étaient présents.

Les adieux furent très émouvants car nous avons passé deux semaines inoubliables. Nous sommes tous très reconnaissants de leur accueil chaleureux, de l’investissement qu’ils ont eu pour nous présenter leur système et leurs établissements de santé ainsi que de leur joie de vivre contagieuse.