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Summer University of Nursing, Coimbatore, Inde 2019

17 janvier 2019

05-09.01.2019

Vanakkam (bonjour) !

Summer University en Inde, du 07 au 30 janvier 2019, 7 étudiant-e-s de HESAV et 8 étudiantes de la HEdS-La Source participent à cette unité d’été 2019. Accompagné-e-s d’enseignant-e-s des deux institutions, la SU Coimbatore se concentre cette année sur la thématique “Current trends And Approaches in health care delivery system for vulnerable population”.

Il est mercredi et nous voilà déjà parties quelques jours plus tôt en avion pour rejoindre Coimbatore, où nous retrouvons nos collègues de La Source ainsi que les étudiantes indiennes qui nous accueillent avec générosité dans leur école. Nous sommes directement immergés dans leur culture, et nous ressortons tous de l’école avec le point sur le front, en signe de protection et d’ouverture aux chakras.

Lundi, notre programme de la Summer University commence et nous avons le droit à une visite de l’école ainsi que de l’hôpital et du campus, qui se trouve à côté. Nous sommes tous surpris de l’organisation géographique des services, par exemple. Il est nécessaire de passer à travers le service de la fertilité pour arriver dans la consultation de dermatologie. Nous avons été frappés par les chambres communes, séparées par des parois à mi-hauteur, qui accueillent au minimum huit patients par espace. Par ailleurs, les salles de pratique sont équipées de nombreux mannequins de simulation de basses, moyennes et hautes fidélités. Nous avons pu remarquer qu’il y avait plusieurs labos de simulation consacrés à la maternité et à la période néonatale. Nous sortons de l’hôpital avec plein de questionnements auxquels les étudiantes indiennes répondent avec plaisir.

Mardi, les cours commencent pour de bon. Ils concernent la vulnérabilité des personnes en santé publique et dans les soins. Nous échangeons avec les étudiantes indiennes et comparons nos différents systèmes de santé. A la fin de la journée, nous pouvons identifier les personnes vulnérables et nous savons comment composer avec différentes situations afin d’offrir des soins de qualité en anticipant nos interventions. Nous avons trouvé ce cours très intéressant et il nous sera utile pour notre pratique infirmière, car beaucoup d’éléments sont transposables.

Mardi, les cours commencent pour de bon. Ils concernent la vulnérabilité des personnes en santé publique et dans les soins. Nous échangeons avec les étudiantes indiennes et comparons nos différents systèmes de santé. A la fin de la journée, nous pouvons identifier les personnes vulnérables et nous savons comment composer avec différentes situations afin d’offrir des soins de qualité en anticipant nos interventions. Nous avons trouvé ce cours très intéressant et il nous sera utile pour notre pratique infirmière, car beaucoup d’éléments sont transposables.

Entre deux périodes de cours, le couturier est venu nous présenter les Sari, le costume traditionnel indien. Nous choisissons un tissu qui nous plait et nous prenons nos mesures pour qu’il puisse les coudre. Nous aurons la surprise de les découvrir dans quelques jours. La suite au prochain épisode …

Aujourd’hui, suite à l’annulation d’un cours, la fille du directeur général a organisé pour nous un tour en bus touristique à deux étages. Nous avons parcouru la ville, fait des centaines de photos et profité de cette belle occasion pour partager un moment qui favorisent la construction du groupe. Nous avons appris à nous connaître et danser ensemble. Nous étions accompagnés des deux responsables du programme, les Mam’s, nos enseignantes ainsi que de la Principale.

10.01.2019 Jeudi matin, nous partons visiter deux instituts. Nous commençons par nous rendre dans un centre d’accueil pour les femmes dites « vulnérables ». La responsable nous explique qu’elle recueille des femmes veuves, des femmes dont leur mari les a quittées ou des femmes victimes d’abus sexuels, par exemple. Il faut savoir qu’en Inde une femme qui s’est mariée ne peut pas forcément retourner dans sa famille en cas de problème. Elle nous explique la raison de leur venue. On remarque que les difficultés rencontrées par ces femmes sont tout autant présentes en Suisse. Nous avons eu la possibilité de visiter le centre ainsi que le jardin qu’elles cultivent. Nous restons tout de même avec des questions quant à la réinsertion dans la vie active et sociale de ces femmes et à leur devenir.

Jeudi après-midi nous nous sommes rendus dans une institution pour enfants en situation de handicap. Nous avons pu découvrir leur prise en charge et nous avons également pu jouer avec eux. Cette institution qui bénéficie de fonds privés recueille de nombreux enfants (240) et a plus de 150 employés leur permettant d’assurer un suivi ainsi que des soins de qualité. Il faut également savoir que le gouvernement ne leur donne pas de subventions. Ceci nous parait important dans notre pratique car en Suisse les institutions en reçoivent. Nous avons également été confrontés à des enfants avec de grandes déficiences, avec des malformations congénitales, des suites d’asphyxie néonatales ou de traumatismes, ce qui nous a questionné sur leur qualité de vie. L’une des infirmières nous a répondu qu’ils essayaient de les stimuler et nous a informés qu’ils faisaient des balades quotidiennes et reçoivent des soins de physiothérapie. Cela nous aide à faire des liens pour notre profession, car peu d’entre nous ont déjà été en contact avec des enfants en situation de handicap et nous avions de la peine à imaginer comment pouvait fonctionner un établissement. Par ailleurs, nous réalisons que la prise en charge est relativement similaire en Suisse, même si les moyens sont différents.

Ces enfants reçoivent une éducation et une préparation professionnelle en fonction de leurs capacités. On nous a également transmis qu’une boulangerie dans le village engageait ces jeunes adultes pour travailler. Nous avons trouvé cela intéressant en ce qui concerne l’insertion de personnes en situation de handicap dans la société, bien que nous ne nous sommes pas rendus là-bas.

Vendredi 11, nous avons été invités à la cérémonie « Lamp Lighting ». Les étudiants de 1ère année en soins infirmiers prêtent serment avant de partir dans le premier stage. Cette cérémonie fait référence à Florence Nightingale. Elle représente la lumière du savoir que nous pouvons apporter dans l’ombre qui règne à l’extérieur. Nous avons ensuite continué les festivités en nous rendons vers un temple Hindou afin de célébrer le début des fêtes de Pongal (fête des moissons). C’est le plus grand festival d’Inde du Sud. Nous avons par la suite été invité à dîner. Le repas nous a été servi sur des feuilles de bananiers et on nous a montré comment manger avec la main droite. L’après-midi, nous avons participé à la fête d’accueil. Les étudiants nous avaient préparé près de trois heures de spectacle où ils nous ont montré les danses, musiques, événements traditionnels ainsi que les monuments à voir. Nous leur avons également préparé une petite présentation de nos deux écoles, des étudiants ainsi que de la Suisse. Cet évènement, nous a permis de commencer à découvrir leur culture mais c’était surtout un magnifique spectacle.

Samedi, nous sommes partis en excursion, mais une surprise nous avait été préparée. En effet, nous nous sommes d’abord rendus à la fête de Pongal du PSG des arts et sciences. Nous avons pu faire avec eux les danses traditionnelles ainsi que manger une collation. Puis nous sommes partis en direction du Perur Temple que nous avons pu visiter. Il s’agit d’un temple Hindou ; les étudiantes indiennes ont pu nous expliquer quelques notions de cette culture.

Nous sommes ensuite allés au Isha Yoga que nous avons visité, lieu de méditation et de purification. Le calme et la détente induits par les lieux pourraient faciliter la gestion du stress quotidien. Puis, nous sommes allés voir la statue de Isha, déesse du bien-être, impressionnante avec ses 36 mètres de haut.

Dimanche, étant le jour de congé, nous avons décidé de nous rendre au Kowai Kutralam Falls où nous avons fait une petite marche avant de pouvoir nous baigner dans les eaux fraîches des cascades.

Lundi 14 janvier dans la matinée, nous sommes allés visiter un centre de détention pour mineurs. Nous avons pu rencontrer une dizaine de jeunes qui se sont présentés et nous ont fait part de leur souhait quant à leur futur professionnel. Nous avons ensuite fait de même. L’assistant social nous a décrit une journée type au centre pour ces jeunes. Il nous a également fait part du fonctionnement du centre. Puis, nous avons visité les lieux contenant une salle de classe, deux salles dotées de barreaux, une toilette et une cuisine. Suite à cette visite, nous sommes ressortis avec de nombreuses interrogations restantes, par exemple, comment l’insertion professionnelle se fait en Inde suite à un séjour dans un tel lieu ? Quelle aide l’état met-il en place ? Est-ce à la famille de prendre en charge le retour à domicile ? Quelle est la représentation de la société face à ces jeunes ? Y a-t-il une trace de leur passage dans le centre, type casier judiciaire ?

Dans l’après-midi, nous sommes allés voir un centre pour personnes en situation de handicaps, appelé Cheshire Home, accueillant des gens atteints de retards mentaux et de maladies mentales. Nous avons pu discuter tant bien que mal avec les résidents grâce aux étudiantes indiennes qui nous ont fait la traduction du Tamil à l’anglais. Certains ont été victimes d’accidents qui les ont menés à cet endroit et ceux-ci nous ont fait part de leur vie avant leur problème de santé. Par exemple, l’un d’entre eux nous a raconté qu’auparavant il était pilote de ligne et suite à un accident, il souffre d’une atteinte cérébrale avec perte de la mémoire à court terme. Là encore, nous avons visité une institution bénéficiant de fonds privés. Il est alors difficile de se faire une idée concrète sur les prises en charge dans le domaine public.

Mardi 15 janvier, deuxième jour du Pongal, nous sommes allés fêter ce festival dans un Etablissement Médico-Social prénommé Karadivavi Old Age Home, situé dans la campagne de Coimbatore. Le deuxième jour du Pongal est le jour où la nature est célébrée, soit les quatre éléments (l’air, la terre, le feu et l’eau). Les Indiens montrent leur reconnaissance et leur gratitude à celle-ci par des chants, des danses et des offrandes. Cette fête est un remerciement à la nature afin que celle-ci permette une prospérité agricole future. Nous avons eu la chance de participer au repas traditionnel du Pongal, composé de riz, d’eau et de sucre cuits dans une jarre. Ce repas est cuisiné sur un feu préparé par des femmes et accompagné de prières. Par la suite, nous avons fait des jeux. L’un d’eux consistait à se bander les yeux et à marcher en essayant de toucher et de faire exploser une jarre située sur une corde au dessus de nous. Toute la journée a été rythmée par la bonne humeur qui émanait de la musique et des danses. Ce moment a été très fort en émotion et très intéressant. La charge d’énergie apportée lors de cette journée a été très conséquente et enrichissante.

Mercredi 16 janvier, troisième jour du Pongal, nous sommes partis à Kethanur Village le fêter. Dans le bus, il y avait cette fois les étudiants malaisiens en plus. Nous avons roulé environ 2 heures, avant d’être accueillis dans la maison du président du village, chez qui nous avons eu une collation. Puis, nous avons vu les producteurs locaux de fruits et de légumes qui avaient posé sur le sol leurs multiples récoltes. Par la suite, nous avons vu un artisan fabriqué un saree sur un métier à tisser. Nous avons visité un parc éolien. Cela reflète la transition énergétique en Inde qui vise une diminution de l’utilisation du charbon. Dans la soirée, nous avons fêté Pongal, toujours au son des tambours accompagnés de danses traditionnelles. Ensuite, nous avons vu un rituel durant lequel un veau était béni. En effet, le troisième jour du Pongal est celui consacré aux animaux. Nous avons par la suite, été invité à manger avec tous les gens du village. Nous avons apprécié leur accueil chaleureux et la générosité qui se dégageait dans ces moments partagés. 

Jeudi 17 janvier, nous avons commencé la matinée avec un cours nommé ‘Rights and Legal Aspects of Disability in India.’ Ce cours a été bénéfique car il nous a permis d’identifier les sources de certains problèmes rencontrés et les solutions apportées par l’état. Notamment, à travers la rédaction de ‘legal acts’. En comparaison avec la Suisse, le rôle de l’infirmier entre en jeu une fois la détection de la maladie faite alors que chez nous, l’infirmier joue un rôle important dans l’anamnèse du patient, soit en première ligne de la détection. De plus, certaines interrogations ont été soulevées, notamment quant à l’aide amenée dans les campagnes pour ces populations. L’interlocuteur nous a parlé d’équipes mobiles qui s’y rendaient afin d’aider ces gens.

Plus tard dans la matinée, nous nous sommes rendus dans un centre pour personnes aveugles. Ce centre était tenu par des personnes elles-mêmes aveugles, ce que nous avons estimé être un beau modèle d’Empowerment. Ils nous ont décrit et montré les moyens qu’ils utilisaient pour les activités comme calculer, lire et écrire. Ce sont des personnes qui sont intégrées dans le système scolaire habituel indien. Effectivement, certains d’entre eux suivaient également des cours à l’Université. Il nous a été expliqué qu’un quota de personnes malvoyantes devaient être embauchées dans l’administration, ce que nous avons trouvé être une initiative intéressante.

Cette semaine nous nous sommes rendus dans un hôpital ayurvédique. Le médecin de l’hôpital nous a montré une salle de traitement et nous a expliqué toutes les étapes du soins, démonstration à l’appui. Nous nous sommes questionnés sur la place de cette médecine dans les soins en Inde et le docteur a pu nous expliquer quelle place elle prenait et comment elle était utilisée. Il nous a expliqué que certaines pathologies étaient plus adaptées à la médecine ayurvédique que d’autre comme par exemple les douleurs musculaires et l’arthrose, Le médecin nous explique également les limites de cette pratique par exemple pour les maladies cardiaques. Par ailleurs, nous avons été surpris de savoir que la médecine ayurvédique ainsi que la médecine sont parfois utilisées parallèlement.

Ce weekend, nous avons pris le départ à 5h00 pour nous rendre dans le Kerala. Après 7h00 de bus nous sommes arrivés à destination à Vembanad Lake. Nous avons découvert à ce moment que nous allions passer la nuit sur un bateau. Après avoir embarqué, nous avons navigué durant plusieurs heures sur le lac. Durant ce temps, nous avons pu prendre le temps de discuter avec les étudiantes indiennes qui, pour la plupart, venaient dans cet endroit pour la première fois également. Après quelques heures, nous avons accosté devant un salon de massage ayurvédique que nous avons eu l’occasion d’essayer pour certains volontaires. Cette expérience nous a permis de nous mettre pour une heure du côté du patient et de découvrir que certaines choses comme l’intimité ou encore la communication sont primordiale dans un soin. Nous avons ensuite continué notre navigation pour accoster à l’endroit où nous allions dormir. Après la distribution des chambres de chacun qui ne fut pas si simple, d’où l’importance d’une communication simple et claire, nous avons terminé la soirée par un bon repas et quelques danses sur le bateau.

Cette semaine, nous avons été immergés dans les différents services hospitaliers du PSG Hospital pour nos stages pratique. Nous avons eu l’opportunité de voir le fonctionnement des équipes de soins et de poser toutes nos questions. Nous étions par groupe de 3 étudiants par service avec 3 étudiantes indiennes pour nous expliquer et traduire si nécessaire.

Dans le service de psychiatrie par exemple, nous avons été accueillies par une professeure qui nous a présenté le service et a répondu à nos questions. Elle nous a donné des feuilles explicatives sur la terminologie psychiatrique et sur les protocoles. Nous étions très enthousiastes pour cette matinée, car nous avons pu mieux comprendre la réalité du terrain en Inde et observer beaucoup de similarité avec notre pratique en suisse. Les protocoles étaient semblables aux nôtres, de même que pour les activités proposées aux patients. La principale différence que nous avons pu noter est que la famille a une place importante dans la prise en charge et la prise de décision. Ceci représente un grand soutien à l’équipe soignante surtout dans les services de chirurgie ou médecine ou les soins d’hygiène et l’aide à l’alimentation sont confié aux proches.

Certaines d’entre nous ont eu la chance d’entrer dans le service de soin intensif néo-natal. Le protocole était rigoureux pour y entrer. Grâce à la grande ouverture d’esprit des soignants indiens pour qui le partage est important, elles ont pu vivre une expérience inoubliable qui a conforté leur envie de travailler dans ce domaine.

Aux urgences, lorsque nous sommes entrée dans le service nous étions surprise par l’organisation de l’espace et du matériel présent, il nous semblait tellement minimaliste au premier abord. Mais une fois que l’infirmière nous a présenté le matériel disponible pour les différentes prises en charges nous avons remarqué que rien ne manquait. Nous avons pris conscience que ce n’est pas la quantité de matériel qui fait la qualité des soins mais la manière dont on l’utilise.

The Indian Experience 2019 touche à sa fin.
Nous étions tous parti avec la même idée de découvrir la culture Indienne en nous y immergeant pendant presque un mois. À présent, nous pouvons dire que nou avons été plus loin, en vivant au rythme de cette culture.
Nous avons été accueillis chaleureusement par les étudiants indiens, les professeurs, et le personnel a été au petit soin pour nous. Mais également par le peuple indien qui a démontré une ouverture d’esprit énorme. Les visites, ayant pour but de découvrir la population vulnérable, ainsi que les journées de stage à l’hôpital nous ont permis de découvrir une grande solidarité entre les patients, leurs familles et le personnel soignant qui facilite la prise en charge. Nous sommes admiratifs de l’entraide qui existe et de l’implication de la famille dans les soins, qui supplémente l’aide à l’alimentation, à l’hygiène et surtout apporte un soutient moral indéniable.
Nous avons pu également découvrir la vulnérabilité sous un autre angle. En tant qu’étrangers dans une culture différente de la nôtre, nous étions des personnes vulnérables.
Durant les derniers jours de la SU, nous avons découvert le domaine de la santé publique et communautaire. Ceci a été une découverte enrichissante. L’inde est le deuxième pays le plus peuplé du monde et est composé à 30% de population de moins de 30 ans. C’est un facteur bénéfique pour le développement d’un pays et celui-ci est mis à profit grâce à une éducation de la population jeune. Effectivement, nous avons pu visiter une école gouvernementale où l’accent est mis sur l’éducation de comportements favorisants la santé. Par exemple, le tri des déchets est enseigné ainsi que les bons gestes à acquérir pour limiter les maladies, comme une alimentation saine et un lavage de main efficace. Le but étant de construire des comportements sains, ce qui est plus facile que de changer des comportements encrés dans la population.
Dernier challenge, fermer nos valises remplies de bonnes épices pour pimenter notre retour en Suisse.