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Summer University à Wuxi en Chine

3 Avr 2017

Du 3 avril au 8 mai 2017, 7 étudiants et de 2 enseignants de HESAV, ainsi que de 3 étudiants de La Source ont participé à un programme de découverte des différents aspects de la médecine chinoise traditionnelle.

Welcome in China!

01.04.17
Il est 8h30, nous nous retrouvons tous à la gare de Lausanne avec nos valises et certains visages encore inconnus. Nous mangeons encore une dernière fois des blevitas ainsi qu’un ramequin au fromage pour Charlotte qui redoute quelque peu les spécialités culinaires chinoises. Durant le trajet, nous partageons ce que nous imaginons, nos craintes et nos attentes de la Chine et son système de santé. Il en ressort que nous connaissons peu de choses, hormis l’acupuncture. C’est pourquoi nous sommes réellement motivés à découvrir ce qu’englobe la médecine traditionnelle chinoise, thématique principale de notre Summer University!
Une fois arrivés à Genève aéroport, nous passons la douane et arrivons à la porte d’embarquement pour notre premier vol comme prévu. Après une courte escale à Paris nous nous installons bien confortablement dans le second avion, tous équipés, pour y passer une bonne nuit.
8h10, nous débarquons sur le sol chinois où, heureusement, les panneaux pour récupérer nos bagages sont encore traduits en anglais. Une fois nos valises en main, nous sortons de l’aéroport pour y trouver Kon, notre chauffeur du jour que nous reconnaissons grâce à son panneau « HESAV+ La Source » et avec le sourire aux lèvres! Un bus nous attend pour nous emmener à notre auberge située en plein cœur de Shanghai. Durant le trajet, d’environ une heure, nous sommes tous émerveillés et les visages collés aux vitres pour admirer la grandeur des Buildings de cette ville mêlés aux petites maisons plus typiques.
Kon prend un virage à droite et nous nous engageons dans une petite rue dans laquelle nous reconnaissons notre auberge grâce à internet, dans laquelle nous allons passer une nuit. Nous descendons du car et nous voilà plongés dans l’ambiance chinoise. Nous sommes interpellés par l’agitation et l’effervescence de la rue ainsi que par les pattes de poulets suspendues derrière les vitrines. Les bonnes odeurs nous motivent à poser nos valises dans les dortoirs et repartir à la découverte de cette ville. Nous nous baladons le long du Bund, un quai depuis lequel nous pouvons admirer les célèbres grattes-ciels de Shanghai. Les chinois n’hésitent pas à brandir leurs iPhones, discrètement devant notre visage pour avoir un petit souvenir de notre venue. Nous ne nous vexons pas car leurs petits sourires en guise de remerciements nous font plaisir. L’après midi nous nous baladons, sans nous perdre et sans soucis, avant de terminer la journée par un bon repas et une boisson rafraîchissante bien méritée sur le rooftop de notre auberge. Le lendemain, nous retrouvons M. Gueniat et Kon qui nous conduit à une des gares de Shanghai, où se trouve Mme Helou. Une fois l’équipe au complet, notre voyage continue à une vitesse qui dépasse les 250 km/h direction Wuxi.

Nihao from Wuxi !!

Après une petite heure de train, nous avons reçu un accueil chaleureux de la part de nos étudiantes chinoises. Venant de notre petite Suisse, cette « petite ville de province » d’après les chinois, compte tout de même 6 millions d’habitants et nous semble « HUUUGE » !

Arrivés sur le Campus, nous avons l’impression que c’est une ville dans la ville. Commerces, transport, restauration, mobilité douce, tout y est ! Après avoir reçu les sésames qui nous permettent d’accéder à nos chambres, nous jetons un rapide coup d’œil à cette dernière puis sortons. Malgré le décalage horaire, nous sommes toujours « au taquet » et motivés pour découvrir notre lieu de vie pour 3 semaines. Visite de la bibliothèque (tout de même 8 étages !), et nous nous dirigeons vers notre « welcome dinner » . L’accueil a été chaleureux, et la nourriture… une découverte.
Nous finissons cette journée sur une touche de folie où nos étudiantes nous emmènent dans un bar chinois goûter des bières locales servies par un barman très motivé et de la musique traditionnelle.

Le lendemain, nous sortons de notre cocon (le campus) et prenons le métro, et encore une fois, nous sommes dépaysés. Grâce à la gentilesses et à la bienveillance des etudiantes chinoises, notre périple est largement facilité. Contrôle de sécurité, comme à l’aéroport ! Arrivés au cœur de la ville, nous sommes éblouis par les flashs des appareils photos des locaux surpris de voir 10 visages étrangers. Puis c’est à nous d’être éblouis par la beauté magnifique du temple Nanchan. Nos sens sont attirés par l’odeur de l’encens qui flotte dans l’air et la musique traditionnelle. Nous continuons notre balade par la vieille ville qui nous touche tout autant, entre petites échoppes, grandes chaînes de restauration, charme chinois et gentillesse des locaux. Tout au long de la journée, les étudiantes chinoises nous ont accompagnées et guidées en prenant leur mission très à coeur.

Nous rentrons satisfaits mais fatigués de la journée.
Le mercredi, premier jour de cours. Introduction et présentation du programme suivis de la visite du musée « science museum of human body » dans l’école. Des parties du corps humains y sont conservés dans du formol. C’est à la fois très formateur. En effet, pour la plupart c’était la première fois que nous voyions le corps humain sous tous ces angles, et l’anatomie en dehors des livres est bien plus réaliste. L’après midi nous suivons le cours d’introduction à la TCM (traditional chinese medicine). Bien que cela soit une science très répandue en Chine, ces paradigmes restent très compliqués pour nous, connaissant la médecine occidentale. Nous nous réjouissons donc des semaines à venir pour mieux comprendre cette discipline fascinante et l’aborder concrètement.

Nous terminons ces premiers jours par une touche d’humour infirmière :
Diagnostic infirmier prioritaire :
Chanceux de participer à cet échange
Relié a :
Aucun souci majeur de transit (malgré la dégustation de nourriture parfois douteuse)
Une bonne entente avec nos étudiantes chinoises
Un accueil chaleureux
Une ambiance bon enfants entre nous
Se manifestant par :
Des rires et des sourires à longueur de journée
Un intérêt pour le programme et une forte motivation à continuer en ce sens

Premier pas dans la culture et la médecine chinoise

Après avoir été immergés dans les fondements de la médecine traditionnelle chinoise, nous nous aventurons à travers le campus pour rejoindre le bâtiment de médecine. Le sujet de la matinée traitera de la prise en charge des personnes âgées en Chine, de politiques familiales et de l’évolution démographique de la population. Les questions fusent, entre deux traductions chino-anglophone, l’attention de tous les étudiants est à son comble.

Les différences culturelle sont très présentes. Nous sommes étonnés d’observer à quel point les valeurs et croyances influaient sur le système de santé. En effet, en Chine, les personnes âgées sont rarement placées en établissements médicalisés, car les familles vivent en inter génération et la piété filiale est prédite au niveau juridique. Pour illustrer cette matinée enrichissante, nous visionnons un film plein d’humour et d’émotions qui aura su tirer les larmes à plus d’un.

Après notre ration de riz quotidienne, nous nous aventurons avec des étudiantes et la directrice, Dr.Yuyu, à travers une forêt humide vers le Yin-Yang Temple. Authentique et riche d’histoire, ce lieu nous fait découvrir une facette du Taoïsme. Le son de musique traditionnelle nous pousse à gravir quelques marches supplémentaires qui nous amènent à découvrir une cérémonie ; chants, instruments atypiques, costumes, encens, … Tout était réuni pour nous émerveiller. La journée se termine tranquillement par la découverte des rues de la vieille ville de Hui Shan.

Vendredi, 8h30, nos éveillons notre « Shen », énergie spirituelle, et notre « Qi », énergie vitale, grâce aux professeurs Yang Long et Yang Kangyi et leurs médecines traditionnelles chinoises. Nous mettons enfin en pratique certaines bases simplifiées ; points d’acupunctures à masser, circulation de l’énergie, « scraping » crânien et autre manipulations surprenantes. Nous avons pu remarquer que ces pratiques ne sont pas si douces, mais comme nous l’ont répété nos professeurs chinois, « no pain, no gain » !

KTV endiablé pour finir notre semaine de cours, on s’est même essayé aux chansons en chinois et c’était plutôt fameux !
Avant une courte nuit, préparatif de nos sac de voyage pour un week-end riche en découvertes !

L’Epreuve de cohesion: jour 1

6h50 : depart pour notre premier week-end libre.
Nous nous retrouvons dans le hall de notre immeuble pour aller prendre le train pour la première fois sans aide locale. Malgré le réveil tardif de l’un d’entre nous, une confusion paniquée quant à la gare que nous devons rejoindre et un retard conséquent, nous parvenons à prendre notre train avec un énorme soupir de soulagement et dans la bonne humeur.
Une fois arrivés à Nanjing, nous débouchons bouche bée sur son lac, rendu mer par le smog qui bloque la vue de l’autre rive. Nous commençons à le longer. Et malgré les poissons morts qui flottent dans l’eau, nous nous émerveillons devant la beauté de la rive, ainsi que par des foules de chinois qui veulent nous prendre en photo, mais plus simplement par le fait d’être en Chine. Nous passons par plusieurs ilôts bucoliques parsemés de ses constructions si typiquement chinoises.
En nous enfonçant dans la ville, la faim se fait sentir. Nous nous arrêtons donc dans un restaurant où les efforts de traduction et la bonté de notre serveur nous émeut tous ! De plus, plusieurs ont d’ailleurs souligné qu’il s’agit certainement du meilleur repas qu’ils ont eu jusqu’à présent. Nous reprenons notre marche en visant le mont pourpre afin d’y voir les tombeaux des anciens monarches de jadis. Nous le voyons trôner mystérieusement au loin.
Son ascension est rude : nous sentons la pollution qui pèse sur notre respiration. Nous ne voyons aucun tombeau, mais nous arrivons tout de même en haut pour admirer un incroyable tableau blanc, celui du smog qui nous empêche de voir ne serait-ce que la ville en bas. Nous entamons une longue descente, déçus de ne pas avoir trouvé ces tombeaux. Nous terminons ce périple par la recherche d’un taxi qui nous emmenerait à l’auberge.
Nous sommes épuisés après 25km de marche !
Nous trouvons finalement 2 taxis, sans certitude qu’ils aient compris l’adresse que nous avons sur nos téléphones, sans connaître les tarifs standards (ce qui est le dernier de nos soucis), mais ce sont des taxis : nous sommes fatigués, nous rêvons de nous reposer un peu.
C’est pendant ce trajet que nous réalisons la démesure de Nanjing ! Ces buildings, ces lumières, cette frénésie… c’est d’ailleurs là que nous posent nos taxis, sans indications précises sur la manière de rejoindre notre logement, que nous trouvons finalement après 45min de marche hazardeuse dans des rues de tout type, nous présentant un bref aperçu de Nanjing, telle qu’elle est : civilisée mais parfois sauvage ! L’auberge est dans un building, bien cachée en son 30ème étage : la coquine !
Nous terminons la soirée autour d’un hotpot (sorte de fondue chinoise), dans les rires de notre maladresse avec les baguettes et sous le regard consterné mais aimable du serveur qui tente de nous aider.
Finir la journée dans ce restaurant sombre et magnifiquement décoré, mais aux odeurs d’épices entêtantes (allégorie de cette ville), conclut en beauté notre si bref passage dans cette ville.
Nous rentrons dormir. Enfin.

L’Epreuve de cohésion: jour 2

8h00 : début de notre deuxième jour de congé.

Tout le monde est réveillé, nous partons pour Suzhou après un court petit-déjeuné. En retard, nous devons à nouveau courir pour attraper notre train, à bord duquel un enfant chinois de 2 ans dépourvu de toute forme de timidité fait le plaisir de l’instinct maternel naissant des infirmières suisses.
Arrivés à destination, nous marchons brièvement à la recherche des fameux canaux dans la vieille-ville, la « Venise chinoise ». Nous décidons alors de monter dans des TukTuks qui semblent pouvoir nous y conduire. Mais ils font une halte après 100m devant un office du tourisme qui refuse de nous laisser continuer sans que nous achetions un tour en bateau, passage forcé pour entrer dans la ville. Malgré une négociation intense, nous n’arrivons à aucun résultat et partons à pied sans demander notre reste.

Cependant, nous parvenons à destination sans problème en profitant de quelques boutiques sur le chemin pour goûter au sucreries locales pour lesquelles les conclusions sont des plus extrêmes, allant de dégouts nauséeux aux cris d’enthousiasmes religieux.

Nos jambes refusent de s’arrêter : chaque petite rue bordant les canaux nous plaisent plus que la précédente et nous pousse à continuer à explorer ce labyrinthe touristique, mais toujours tellement dépaysant pour nous. Les boutiques sont toutes méticuleusement explorées, la nourriture scrupuleusement dégustée (dont une patte de poulet), ce qui ne nous empêche pas de nous sustanter copieusement dans un restaurant.
Nous finissons cette journée par la visite d’une énorme rue commerciale pour le plus grand plaisir de nos instincts consommateurs.
Nous décidons ensuite de rentrer en nous rendant à la gare en taxi. Nous sommes à nouveau surpris de la conduite chinoise, qui ressemble plus à une lutte de territoire qu’un paisible moment de circulation sécuritaire.
Nous nous séparons, épuisés mais heureux de notre week-end !

Qui dit deuxième semaine, dit semaine pratique

La semaine précédente a été riche en théorie, il est temps maintenant de se mettre à l’œuvre.

Lundi matin, après un week-end chargé (cf article précédent), nous commençons sur les chapeaux de roues. Nous nous dirigeons vers la TCM promotion unit, clinique privée pratiquant la médecine traditionnelle chinoise. Dr. Coco nous fait un petit rappel des éléments importants puis nous passons très rapidement à la pratique (méridiens, points d’acupuncture, bienfaits des thés, stimulation de notre qi (« chi »), ying et yang).

Après un repas « riche en fibres », nous nous lançons dans le vif du sujet. Dr. Yang Kangyn nous enseigne le « scraping » (littéralement : racler jusqu’à l’hématome). Nous l’essayons sur le cuir chevelu, puis le long de la colonne vertébrale. A ne pas se méprendre, ce geste est tout un art. En effet, la technique réside dans le maintient de l’outil (bon angle, bonne pression, coordination, bonne ergonomie) et à la résistance à la douleur ! Nous constatons que le « no pain no gain » est efficient : nez débouchés, douleurs lombaires envolées, problèmes intestinaux (dé)réglés et énergie retrouvée.

Cette technique est combinée à la moxibustion : bâtons de plantes enfumés ayant pour but la stimulation par la chaleur des points d’acupuncture. Très agréable, mais conseil d’ami : ne vous douchez pas avant la pratique et préférez des habits peu dommages au risque de sentir le feu de forêt.
Mardi, après avoir expérimenté le « trafic jam » digne des grandes villes chinoises, nous arrivons à l’hôpital municipal TCM. Après une présentation sur l’hôpital (tout de même 1200 lits), nous partons à la découverte du département de la médecine chinoise. En effet dans cet hôpital les deux médecines (traditionnelle et occidentale) y sont présentes et complémentaires. Nous nous rendons en premier dans un service ambulatoire de médecine chinoise. Plusieurs médecins ont gentiment répondu à nos nombreuses questions.

Puis, nous nous sommes dirigés vers le département d’oncologie, où la TCM est mobilisée pour atténuer les effets indésirables des chimiothérapies (en particulier la nausée) à l’aide d’une mixture de plantes sous forme de patch. Un traitement anti-phlébite à base de plantes est également appliqué en prophylaxie lors d’un traitement intra-veineux phlébogène.

Nous continuons avec le service de chirurgie dans lequel la TCM est mobilisée pour réduire l’ascite. Une patiente atteinte d’une pancréatite venait de se faire poser une poche chaude remplie de « granules », contenant entre autre du bicarbonate. La visite se termine par le service des grands brûlés. La TCM est utilisée lors de la douche des patients. Ceux-ci sont immergés dans une baignoire remplie d’eau et d’herbes thérapeutiques. Au contraire de la médecine occidentale, les patients y sont baignés pendant presque une heure.
Nous ressortons de cette visite enthousiastes et admiratifs que ces deux médecines se complètent de manière harmonieuse pour le bien-être et l’intérêt du patient. Cette journée nous fait réfléchir quant à nos pratiques dans les hôpitaux en Suisse.
Serait-il possible d’utiliser davantage les médecines alternatives au sein de nos soins ?
Après cette semaine de théorie, nous pensons que la médecine traditionnelle chinoise est une discipline vaste et pas toujours facilement compréhensible en si peu de temps. Néanmoins, certaines pratiques de « l’external TCM » (cf les articles suivants) pourraient largement être utilisées dans notre pratique infirmière ; ces dernières pouvant éviter la prise de certains médicaments ou encore des interventions invasives. Ajoutons que la TCM peut jouer un rôle important dans la prévention des maladies chroniques telles que le diabète, l’hypertension, le cancer, etc.
De plus, cette pratique est très utilisées en Chine pour la gestion des symptômes lors d’un traitement de chimiothérapie (cataplasme d’herbes thérapeutiques pour réduire les nausées, points acupuncture pour améliorer le transit intestinal, etc.)
Dans les articles suivants, vous pourrez vivre avec nous la suite de notre semaine de mise en pratique.

La TCM, concrètement

Mercredi 12.04 :
Au programme aujourd’hui, nous avons la visite d’un hôpital privé de médecine traditionnelle chinoise qui se situe au centre de Wuxi. Après un accueil chaleureux et une photo officielle, la pharmacienne nous attend pour nous présenter les nombreux remèdes à base de plantes rares et d’animaux en tout genre, exposés en vitrine. Nous sommes impressionnés par la diversité et l’originalité de certaines espèces, comme par exemple des cornes de cerf, des hippocampes séchés, des tortues, un phallus de cerf,… Les soignants de l’hôpital en blouse rose ainsi que certains patients jouent les paparazzis. La télévision locale est aussi présente et curieuse de connaître nos impressions sur cette médecine. Tiphanie se fait notre porte-parole en se faisant interviewer tandis que Professeure Yuyu s’occupe de la traduction. Nous dégustons ensuite un biscuit thérapeutique qui se compose de sucre, vin de riz, sésame et de noix, permettant de renforcer notre système immunitaire et de favoriser la circulation sanguine. Nous le trouvons d’abord plutôt agréable en bouche mais s’en suit une petite amertume lorsque nous assistons au processus de fabrication nous révélant l’ingrédient médicinal qu’est la poudre de peau d’âne.
L’après-midi, nous avons droit à une initiation à l’acupuncture ainsi qu’aux ventouses chinoises appelées cupping, pratiques très courante dans la médecine chinoise. Le dicton « no pain no gain » est à nouveau à l’ordre du jour. Les ventouses nous auront laissés de belles marques dont nous ne sommes toujours pas débarassés.
Le soir, quelques étudiantes chinoises nous invitent à un barbecue traditionnel hors campus, qui nous aura mis la bouche en feu, piments obliges. Nous passons une excellente soirée.

Jeudi 13.04
Nous commençons la journée par une visite d’une deuxième pharmacie de médecine traditionnelle chinoise. Nous avons la possibilité d’ouvrir les tiroirs et découvrir les herbes utilisées au milieu des pharmaciens en plein travail. Ils se font un plaisir de nous montrer leur pratique. Les outils utilisés nous paraissent ancestraux bien qu’ils permettent de préparer le remède prêt à être infusés ou simplement ingérer.
Nous assistons également à une consultation afin d’observer une anamnèse qui comporte aussi une prise de pouls particulière avec trois doigts placés à différents endroits. Cette dernière est un élément essentiel au diagnostic tout comme l’observation de la langue.
À la fin de cette visite, nous profitons de faire quelques achats dont une main en plastique permettant de localiser les points d’acupuncture.
Retour au campus pour un moment de relaxation avec des bains de pieds aux herbes qui nous ont été présentées le matin-même, connues pour leurs vertus. La journée se termine par un souper à la cantine avec les étudiantes chinoises.

A la conquête de l’île aux tortues

Vendredi, jour de visite organisé par la Jiangnan Universty. Nous partons de bon matin en mini-bus pour rejoindre le parc de la tête de tortue. Accompagnée de 4 étudiantes et d’une guide hors-pair, nous sillonnons les différents recoins du parc pour y découvrir des histoires et légendes merveilleuses. « Quelques » personnes ont aussi eu l’envie de prendre l’air ce matin-là, de très nombreux écoliers et vacanciers partagent avec nous ces moments sensationnels que nous proposent ce lieu historique.
Nous terminons notre périple en se disant au revoir. En effet cette agréable matinée signe aussi la première séparation de notre groupe. Sept d’entre nous partent à l’aventure de Pékin, capitale du pays du milieu, tandis que trois s’en vont à la rencontre d’une nature encore inconnue dans l’est, à Hangzhou.

Thé allé où? Au lac!

Pour notre deuxième week-end libre, trois d’entre nous avons décidé de nous rendre à Hangzhou pour decouvrir son fameux lac de l’ouest et ses plantations de thé vert.

Après deux petites heures de train, nous arrivons dans cette ville bondée ; beaucoup de touristes chinois viennent manifestement y passer leur week-end aussi. Nous renonçons au métro (quasi inatteignable) et prennons le taxi jusqu’au bord du lac où nous attendons deux étudiantes chinoises de Wuxi également en balade dans cette ville lacustre.
Durant l’attente, nous rencontrons plusieurs chinois dont la timide amabilité, mais aussi parfois leur amusant manque délicatesse nous font sourire.
Nos deux amies chinoises arrivent avec une belle proposition : aller manger dans un des plus vieux restaurant de Hangzhou (700 ans d’âge tout de même !). Malgré notre peine à le trouver, nous y dégustons des plats dont nous apprenons l’origine au-travers de légendes. Emprunts de leur histoire, les mets prennent d’un coup un goût différent.

Le repas finit, nous choisissons de monter dans une petite barque avec son batelier afin de laisser la rame nous porter entre de petites îles détachées du temps. Notre conducteur nous raconte le lac, ses légendes et son histoire, que nos amies nous traduisent avec soin. Nous sommes extasiés par ce moment si bucolique.
Mais toutes les bonnes choses ont une fin et nous nous installons pour boire une thé d’adieu puisque le soir venu, nos amies doivent rentrer à Wuxi.
Nous nous retrouvons seuls et en route pour l’hôtel, à coté duquel nous soupons. Nous sommes à nouveau touchés par l’amabilité de la serveuse qui fait de grands efforts pour nous comprendre et être comprise. Et ce, dans la bonne humeur générale !
Après une bonne nuit de sommeil, nous grimpons sur le petit mont se trouvant juste à côté de l’hôtel afin de silloner les plantations de thé. Nous y découvrons des paysages dotés d’un calme et d’une beauté qui nous laisse sans voix. Quelques locaux ramassent le thé vert. Certains sont bougons et nous ignorent, mais d’autres, bien plus jovials, nous saluent avec des grands signes et un grand sourire (ce n’est tout de même pas tout les jours que deux blondes et un géant passent par là !). Nous finissons l’ascension par la pagode sommitale qui nous pousse à nous avouer que nous avons tous la larme à l’œil : la vue est hors du commun, indescriptible.

En redescendant, nous passons par « la source du tigre », déclarée troisième plus belle source de Chine par l’empereur Quianlong. Bien que très touristique, ces quelques bâtisses ont su conserver leur calme, leur paix et leur beauté antique en donnant l’impression d’appartenir à un autre monde.

Nous continuons notre périple en longeant le lac dans la chaleur (avec un arrêt « forcé » sur une terrasse ombragée qui proposait un délicieux thé vert) jusqu’à tomber sur le métro qui nous ramena jusqu’à la gare, puis à Wuxi.

Petit week-end à Beijing

Vendredi

Après une belle visite autour du lac à Wuxi, nous prenons la direction de la gare vendredi après-midi. Il faut s’armer de patience car 5h30 de trajet nous attend !

Arrivées à Beijing, nous partons à la recherche de notre auberge. Cette mission s’avèrera compliquée malgré la gentillesse des locaux qui nous ont aidé à la trouver. Sur le chemin, nous nous arrêtons dans un restaurant local. Affamées, nous commandons de nombreux petits plats traditionnels pékinois. En recevant notre repas, nous nous rendons compte que nous n’avions pas compris ce que la serveuse nous expliquait. Résultat : sept assiettes d’une vingtaine de « dumpling » arrivèrent !

Samedi

Réveil qui pique (5h50!) avec le dos endolori par notre matelas en béton. Malgré cela nous nous réveillons de très bonne humeur car nous allons visiter ce que nous attendions depuis longtemps : la Grande Muraille de Chine ! Après de nombreuses recherches sur internet, nous avions préalablement décidé de partir à l’aventure par nous-même, et de ne pas aller en tour organisé par une agence. Nous nous dirigeons donc à pieds à la gare routière de Dongzhimen où, inquiètes de trouver le bon bus, nous tournons en rond quelques minutes pour finir par le trouver. Le trajet dure environ 1h30 en compagnie des locaux bien équipés (chaussures, casquettes et bâtons de marche digne d’alpinistes suisses). Nous arrivons à un arrêt de bus, ne sachant pas où descendre nous sortons quand même en suivant les autres passagers. De là, nous marchandons un taxi qui nous mène jusqu’à Mutianyu. Arrivées sur place, nous achetons les tickets et prenons un bus puis un télésiège qui nous amène jusqu’à la muraille. L’émotion est présente chez nous toutes. En effet, le paysage sauvage et montagneux est à couper le souffle et la muraille est encore mieux que sur une carte postale. C’est sous un magnifique soleil que nous marchons, marchons, marchons sur la muraille. Entre nombreuses marches d’escalier, montées, descentes, cette balade s’avère être un véritable défi physique. Pour redescendre, retour en enfance, nous prenons le bobsleigh d’été. Le trajet du retour se trouve être plus éprouvant avec le « trafic jam » pékinois.

Une bonne douche s’impose et nous voilà reparties à la recherche d’un restaurant où nous pouvons manger le vrai canard pékinois ! Arrivées à l’adresse, surprise ! Nous apprenons que nous devons attendre une heure avant d’avoir une table. Malgré notre faim, nous décidons d’attendre. Le temps passe plus vite avec une petite bière ! Après cette heure passée à attendre, nous commandons notre canard. Mauvaise surprise, il faut à nouveau attendre une heure pour enfin le déguster. Il a été attendu, désiré mais il en a valu la peine. Nous nous régalons.

Exténuées, nous rentrons en fin de soirée à l’auberge. Une bonne nuit de sommeil s’impose !

Dimanche

Après une nuit reposante, c’est avec quelques difficultés que nous nous levons tôt pour continuer l’exploration de cette ville fascinante.  Nous découvrons le palais d’été et ces légendes et la beauté surprenante dans son parc. Malheureusement à partir de 11h du matin le palais est colonisé par des immenses groupes de touristes. C’est donc après un bain de foule intense que nous nous dirigeons vers la place Tian’anmen. Nous passons l’après-midi a flâner dans les rues de Pékin, manger sur des petits stands et s’émerveiller encore de cette ville pleine de mystères.

C’est exténuée mais ravies que nous prenons le train dimanche pour rentrer dans notre « petit campus »

Derniers instants à Wuxi

La dernière semaine, de trois jours seulement à Wuxi, commence. Nous entendons avec désespoir le compte à rebours qui tourne!

Le lundi matin, nous assistons à une présentation de nos enseignants suisses sur notre vision occidentale de l’alimentation et sur la réduction des risques dans les locaux d’injection. Nos collègues chinoises qui y assistent se montrent curieuses et un débat commence.

L’après midi est libre : nous commençons à nous préparer pour l’épreuve finale de mercredi : une présentation de ce que nous avons appris en collaboration avec nos camarades chinoises !

Malgré l’anglais que nous avons en commun, la communication et la circulation de l’information est laborieuse. Mais nous sommes tous persévérants et parvenons à construire quelque chose dont nous sommes satisfaits.

Le jour J arrive.

Nous attendons chacun notre tour avec une touche d’anxiété : nos amies chinoises n’ont jamais fait de vraies présentations en public. Mais tout se passe bien. Nous nous amusons de la différence entre nos deux manières de parler en public : nous parlons d’une manière moins formelle et moins « parfaite », mais d’une manière plus personnelle et sans lire. Nos amies chinoises, quant à elles, lisent leur texte d’une manière très formelle.

Encore une de ces confrontations culturelles qui colorent ce voyage !

Le dernier groupe passé, les professeurs se dressent, et nous annoncent que nous avons tous réussi cet examen (pour notre plus grande surprise !).

Cette dernière bonne nouvelle marque aussi l’heure de nos au revoir. C’est notre dernier jour au campus puisque nous partons tôt le lendemain. Nous mangeons tous ensemble quelques gâteaux, faisons une photo, nous nous serrons dans les bras et quittons le bâtiment sans nous retourner…

Malgré la nostalgie qui nous harasse déjà, nous pensons déjà au souper que nous partagerons avec nos professeurs le soir même, et à Shanghai, notre destination de demain.

Malgré la nostalgie qui nous harasse déjà, nous pensons déjà au souper que nous partagerons avec nos professeurs le soir même, et à Shanghai, notre destination de demain.

Transition

Jeudi matin, il est temps pour nous d’arpenter pour la dernière fois le campus. Après avoir bouclé nos valises, non sans peine pour certaine d’entre nous, nous retrouvons notre chauffeur pour l’ultime trajet vers la gare centrale de Wuxi. Au travers de l’université nous avons tous un petit pincement au cœur en repensant aux semaines passées.

Pour occuper la demi-heure d’attente à la gare, un salon de coiffure s’improvise dans le hall. L’une d’entre nous met à profit ses talents sous l’œil amusé des locaux. Tous sur notre 31, nous grimpons dans le train et rejoignons Shanghai en une petite heure.

Dès la sortie de la gare, nous retrouvons l’immensité de cette mégapole tout juste distinguable au travers du smog. On ressent dans le car qui nous mène au Swissnex, l’effervescence et l’impatience de tous d’arpenter cette ville à nouveau.

Arrivés au Swissnex, l’accueil chaleureux d’une stagiaire neuchâteloise nous rapproche encore un peu de notre pays natal. Un repas au goût de chez nous nous est offert avant de découvrir le travail de cette institution. Education, Recherche et Innovation, des missions variées et particulièrement intéressantes nous sont exposées. On remarque que les stagiaires sont arrivés ici avec leurs propres projets de relation entre la Suisse et la Chine mais aussi que le Swissnex lui-même travaille sur de multiple terrains tous autant pertinents les uns des autres. Mr. Gueniat propose ensuite de présenter les raisons de notre présence en Chine et le programme que nous avons suivi. Il utilise notre blog comme support et les expériences vécues ouvrent la discussion. Tous les étudiants partagent les acquis et les plus-values d’un tel échange de savoir et de culture.

Nous terminons cette rencontre en partageants quelques « bons plans » avec les stagiaires pour découvrir cette ville cosmopolite qu’est Shanghai.

Et le retour dans cette ville n’est pas de tout repos puisqu’en cette journée, l’une d’entre nous fête ses 21 ans ! La soirée débute tranquillement autour d’un souper durant lequel nous partageons de délicieuses spécialités chinoises (pour changer) dans un restaurant local. Vient ensuite l’heure de trinquer et c’est un rooftop le long du bund qui sera témoin de cet évènement. Cadre très huppé, vue sur les buildings illuminés et cocktail exotique, tout est réuni pour passer un moment inoubliable. Mais pour vraiment marquer le coup, nous la surprenons avec un gateau transporté jusqu’au bord du fleuve ! Après avoir soufflé ses bougies, la fête se poursuit par quelques pas de danses.

Finir sur les chapeaux de roue

Dernier week-end en Chine avant notre retour en Suisse. Nous décidons d’aller explorer la vieille ville, nous nous baladons dans les petites ruelles restées typiques. Nous tombons, un peu par hasard, sur un marché où se trouvent des animaux et des portes bonheur en tout genre. Nous remarquons très vite que la loi sur la protection des animaux est bien différente de celle que nous connaissons en Suisse. Nous sommes surpris et curieux par certaines espèces qui y sont en vente comme par exemple les criquets qui sont présents à chaque stand ou encore des tortues, écureuils, chats et des oiseaux. Nous comprendrons plus tard l’importante signification de ces animaux pour les chinois, notamment les criquets. En effet, ils représentent un porte bonheur important à avoir chez soi ou le garder sur soi. Après cette petite virée, nous profitons encore de faire quelques derniers achats. La soirée se passe en toute tranquillité.
Réveil matinal en ce samedi matin, pour tenter d’échapper aux touristes. L’objectif est de nous rendre de l’autre côté du canal, à Pudong. Nous allons à pied jusqu’au Bund, et nous prenons les fameuses « capsules » pour traverser le canal sous l’eau. Un petit wagon qui passe dans un tunnel illuminé. Rien d’incroyable, mais en arrivant de l’autre côté de la rive, stupéfaction. Nous ne savons pas ou donner de la tête, qui nous tourne en levant la tête face aux énormes buildings qui se dressent face à nous. Shanghai dans toute sa splendeur ! Nous mettons un petit moment avant d’atteindre le 89eme étage du Hyatt, tant le building est grand. Mais le cappuccino (pour certains le cocktail) et la vue en haut en vaut la peine (et le prix) !
Après un petit arrêt au streetfood, nous nous devions de connaître les fameux « fake market ». Des dédales de stands où tout les articles se ressemblent, sauf le prix, qui dépend de notre pouvoir de marchandage. Amusant mais épuisant ! Certains d’entre nous continuent avec le shopping au People square, d’autres flânent à travers la ville, et nous nous retrouvons tous sur le rooftop de notre auper auberge pour un dernier apéro, avec un goût de nostalgie, car nous sommes au même endroit où tout a commencé 3 semaines avant. Souvenirs, rires, discours, tout y passe. Certains décident sagement de rester à l’auberge, et d’autre se lancent à nouveau dans la folie des boites de nuits de Shanghai.
Le lendemain matin, réveil difficile pour ces mêmes personnes, mais direction l’aéroport pour le retour en Suisse.
Pour la dernière fois, place au bilan. À toutes ces personnes qui ont fait que ce voyage était possible, un enorme MERCI ! Pour cette expérience incroyable, enrichissante tant sur le plan professionnel que personnel, qui restera un magnifique souvenir.