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Summer University Laval Canada 2019

12 septembre 2019

« La santé et les soins infirmiers en contexte québécois »

Six étudiantes du programme BSI EE accompagnées du doyen des relations internationales, participent  à  la première version de l’université d’été organisée à l’Université Laval à Québec, université  spécialement conçu pour les étudiantes du programme Bachelor en Soins Infirmiers en cours d’emploi. D’une durée de 2 semaines cette université d’été en français a pour but de saisir les principaux aspects de l’exercice professionnel et de la formation des infirmières québécoises.

D’HESAV à LAVAL, en immersion…

Après un long voyage traversant l’atlantique, nous arrivons sur les terres québécoises…

Jour 1

Nous avons tout d’abord été accueillies par le responsable du développement durable qui nous fait une magnifique visite pédestre et explicative du campus universitaire de Laval. L’aménagement des infrastructures a été pensée pour favoriser l’écoresponsabilité et la qualité de vie des étudiants. Chaque faculté amène ses compétences afin de favoriser celui-ci.

En fin de matinée, nous avons rencontré le vice-doyenne de la faculté des sciences infirmières qui nous a préparé un programme très attractif et formateur pour les deux semaines que nous allons passer ici. Nous avons également échangé sur nos formations respectives afin de confronter leurs similitudes et différences.

Après le lunch, nous avons eu droit à une visite du centre Apprentiss, qui est incontestablement à la pointe en matière de simulation. En effet, celui-ci est constitué des salles de pratique au plus proche de la réalité, alliant haute technologie et autres outils traditionnels, où les étudiants peuvent s’exercer à partir de scénarios réfléchis à partir de compétences à développer.

Jour 2

Nous avons eu l’opportunité de participer à un cours magistral sur le thème des soins critiques dans le module de la pratique infirmière. Nous avons pu remarquer que la construction de leur savoir théorique est différente du nôtre mais qu’elle amène une vision tout aussi complète. À la fin du cours, nous avons échangé avec nos pairs québécois ainsi que les professeurs pour parler de différentes pratiques. Puis, la discussion a migré sur les problématiques infirmières respectives liées à l’exercice professionnel.

L’après-midi, nous avons fait une belle et riche découverte de la maison Michel Sarrazin. C’est donc la première maison francophone de soins palliatifs qui a été ouverte à Québec. En effet, nous avons eu le droit à une visite de cette maison accompagnées par une infirmière clinicienne qui nous a fait vivre l’esprit de la maison qui est de « prendre soin inconditionnel ». Pour clore cette superbe visite, ils nous ont offert une collation à base de pommes, de sirop d’érable et de fromage en crotte afin en partageant sur nos pratiques, nos représentations et nos conceptions des soins. Par tous ces échanges, nous avons pu remarquer à quel point tous ces professionnels de la santé sont passionnés et se consacrent à maintenir leur philosophie et valeurs afin de préserver la qualité de l’accompagnement dans la dignité pour les patients, leur proches et la société. 

Jour 3 :

Aujourd’hui nous avons pu visiter le musée du monastère des Augustines qui se trouve au vieux Québec. Ce sont trois sœurs arrivées en bateau de Dieppe le 1er août 1639 qui ont créé ce monastère. Cloitrées avec un mode de vie communautaire, elles ont œuvré socialement à travers leurs actions auprès du peuple. Elles disaient soigner le cœur, le corps et l’âme. Elles sont également les innovatrices du système de santé actuel au Québec. Elles ont fondé au total 12 hôpitaux, dont 4 sont encore actifs mais sous le contrôle de l’état à ce jour. Ce musée existe grâce aux dernières Augustines qui ont décidé de léguer de leur vivant leur héritage. Cette visite nous a permis de se faire une idée de ce qu’était la vie à l’époque et de découvrir l’évolution au niveau de la pratique infirmière (hygiène, matériel…). Nous avons été surprises par le choix qui devaient faire les femmes à l’époque, soit se marier et avoir beaucoup d’enfants, soit devenir sœur et pouvoir exercer un métier. Celui-ci étant quand même contraignant du fait qu’elle devait abandonner son nom et sa vie civile. Nous avons donc été sensibilisées au statut de la femme ainsi que la reconnaissance qu’elle occupait au sein de la société. Nous avons terminé cette belle visite par un repas basé sur les principes d’une alimentation consciente.

Pour la digestion une visite du Vieux-Québec avec un guide, un homme passionné qui nous a transmis l’histoire de son pays. Et nous avons fini là où tout a commencé, la place royale, lieu de la naissance de Québec.

Jour 4 :

Nous avons été conviées à un dîner causerie. Il s’agissait en fait d’une rencontre avec nos pairs québécois. Nous avons échangé sur nos systèmes de santé. En effet, ici chaque résident québécois avec un logement fixe bénéficie d’une carte d’assurance maladie qui offre la gratuité des soins de base dans le service public, celle-ci est financée par les impôts. Nous avons également échangé sur les associations d’étudiants, les conditions de travail (salaires, horaires de travail, effectifs par postes, stages, prix des études, etc…) au Québec. En fin de discussion, ils nous ont conseillés sur des activités culturelles à faire pour le week-end. Nous avons apprécié leur bienveillance.

 

Pour l’après-midi, nous avons participé à un laboratoire avec d’autres étudiants, sur le thème de l’hémodynamie, pour lequel un travail préparatoire en amont nous avait été demandé. Au cours de celui-ci, nous avons pu nous apercevoir de la différence entre le contenu théorique de nos formations respectives, par le fait que nous ne disposons pas de modules de « soins critiques ». Étant donné que nous ne disposions pas des connaissances nécessaires pour ce cours, un professeur s’est assuré de nous encadrer tout au long de celui-ci, afin de nous faire découvrir en nous expliquant certaines techniques de soins, encore inconnues pour nous (soins et prélèvements aux canules artérielles, soins liés à l’hémodynamie, surveillances et paramétrages du monitoring, etc…). Tout au long de ce laboratoire, nous avons pu remarquer que la pédagogie préconisée est celle qui pousse l’étudiant à la réflexion, tout en validant ses acquis, sans jamais chercher à mettre celui-ci en échec.  Nous avons énormément apprécié participer et découvrir leur environnement pédagogique, et avons été impressionnées par le niveau d’exigence de connaissances attendu tout au long du programme de formation.

 

Ce soir-là nous avons pris l’option d’avoir un « Chef à domicile » pour notre souper et avons eu l’honneur de goûter à un Risotto aux Champignons dont nous nous souviendrons pour longtemps !

Jour 5 :

Au cours d’un « Diner causeries » avec Bernard Roy et Nicolas Vonarx, co-auteurs du livre « La santé communautaire en 4 actes. Repaires, acteurs, démarches et défis. », 2017, nous avons eu l’occasion d’échanger sur nos représentations vis-à-vis de la santé communautaire, que finalement, à la suite de cet échange nous définirons comme tel : être à l’écoute des besoins de la communauté et ensemble créer une émancipation, tout en différenciant bien la santé communautaire de la santé publique.

Cela nous a apporté une autre vision de la santé communautaire de celle que nous avions de base et a permis de pouvoir mieux comprendre les défis auxquels ils se retrouvent confrontés ici à Québec, à la suite de résistances et oppositions du milieu médical.

 

Philippe Voyer, un expert incontournable dans les soins infirmiers gériatriques au Québec, nous a fait l’immense honneur de nous présenter et faire visiter le tout nouveau centre d’accompagnement et hébergement pour personnes présentant des troubles de la mémoire, Huamitae, qui a ouvert ses portes en janvier 2019 et pour lequel il a collaboré à l’élaboration du projet.

Ce concept innovant a été créé à partir des plus récentes avancées scientifiques dans le domaine des troubles de la mémoire. Nous avons pu y découvrir la philosophie de la maison qui consiste à adapter les soins à chaque résident selon leur rythme, envies et préférences. L’environnement a été pensé afin de permettre de diminuer le stress des résidents et favoriser leur bien-être au quotidien, tout en conservant leurs passions et loisirs et ainsi préserver la dignité de la personne.

Le personnel ne porte pas d’uniforme, permettant de favoriser l’authenticité de la relation soignant/soigné.  « Les maisonnées » (ce qui correspond à une unité chez nous) regroupent résidents et soignants partageant les mêmes intérêts et passions, favorisant ainsi l’échange entre tous. Par ailleurs, des postes d’activités, en lien avec ces intérêts communs, sont disposés dans les couloirs, permettant au résident d’y trouver une source d’occupation et d’activité qu’il apprécie.

Les chambres sont entièrement aménagées avec le mobilier et la décoration personnelle de chaque résident en encourageant les familles à y intégrer des objets personnels liés à l’histoire de vie de la personne. Ceci permettra à tout soignant rentrant dans son environnement d’engager la discussion autour de son vécu et ainsi réduire l’anxiété de la venue d’un inconnu.

Dans cet établissement, tout a été pensé afin de permettre aux visites de se sentir bien sur place, d’avoir envie de rester et de pouvoir être pleinement disponible pour son proche. Par exemple, une salle de jeux pour les enfants, la possibilité de manger sur place pour 5$ le repas, la possibilité d’avoir un lit pour dormir auprès de son proche, les encas mis à disposition et les salles à manger familiales à réserver pour de grands moments d’échanges familiaux (noël, anniversaire etc…).

Nous avons énormément apprécié cette visite d’un concept innovant. Cependant nous regrettons le fait de n’avoir pas pu échanger avec des soignants travaillant pour Humanitae et nous nous interrogeons sur la possibilité de pouvoir transposer ce genre de concept en Suisse (norme de sécurité, termes légaux, etc…). Nous apprécierions pouvoir redécouvrir l’endroit dans quelques années, une fois les grandes difficultés du quotidien rencontrées, et l’effectif d’accueil au complet…

Jour 6 :

Ce lundi matin, nous avons participé à un laboratoire dans un auditoire avec la volée des soins infirmiers de Laval. Par groupe de 3 à 4 personnes, les étudiants et nous-mêmes avons exercé chaque étape de l’examen mental : étape 1 l’anamnèse, étape 2 le MEEM, étape 3 mettre fin à l’entrevue. Avant de passer à l’exercice, les points importants à considérer pour l’infirmière, pour le patient et pour ses proches sont abordés. Malgré que ce soit un laboratoire et l’exercice d’un MEEM, toutes les dimensions sont abordées dans la préparation. On remarque que les ECOS sont beaucoup abordés et les étudiants préparés au contenu de l’examen pratique ainsi que les points à vérifier. Pratique similaire à partir d’un trouble, ici « l’oubli » et de l’approfondissement de ce dernier via le PQRSTU. Les références de O. Doyon, de P. Voyer sont les mêmes qu’en Suisse. Nous sommes surprises de voir les conditions d’application à l’exercice du mini examen de l’état mental car la salle est un auditoire rempli et donc très bruyant.

 

En revanche, les détails apportés mélangent cours théoriques et pratiques. Tout au long du cours, les points clés, compétences et critères d’évaluation aux ECOS du 30 septembre sont référés. On trouve que de valider une pratique aussitôt la théorie reçue est facilitateur. Un site de référence : passation du mini examen mental est donné, et l’importance d’en prendre connaissance est justifié. Pendant deux heures, chaque étape est travaillée puis reprise avec l’enseignante, qui apporte des conseils à partir de son expertise et des recommandations du centre d’excellence sur le vieillissement de Québec. La fin du cours se termine par un temps donné aux étudiants afin de poser leur question.

 

En début d’après-midi, nous nous sommes rendues à la clinique médicale de St-Vallier. Nous avons été reçues par Christine Laliberté (infirmière praticienne spécialisée, présidente de l’association des infirmières praticienne spécialisée du Québec et initiatrice du projet Archimède). Le projet Archimède, implanté dans la clinique de St-Vallier, propose une offre de service adaptée dans un secteur de la ville de Québec où l’accès aux soins de santé représente un défi. Il propose une réponse efficace et rapide aux besoins de santé, tant pour les soins de proximité aux personnes âgées que pour la prise en charge globale de personne souffrant de maladies chroniques. Ce projet met en avant les compétences infirmières surtout celles en lien avec la prévention et la promotion de la santé mais aussi l’éducation et l’enseignement aux patients afin de favoriser l’autodétermination de ceux-ci envers leurs besoins de santé.

 

Ce projet se base sur les forces et compétences de chacun des professionnels, ce qui a inversé la pyramide. Il y a plus d’infirmières praticiennes que de médecins ce qui revalorise chacun des intervenants. Le médecin reçoit en consultation uniquement les personnes qui doivent être vues et des compétences de l’infirmière praticienne sont déployées. Ici, au Québec les infirmières praticiennes posent des diagnostiques et ont le droit de prescrire des médicaments ce qui augmentent leurs autonomies.

Jour 7 :

Durant la matinée, nous avons participé à un cours magistral sur le thème de la ventilation pulmonaire donné par deux professeurs dans le cadre du module des soins critiques. Ainsi, chaque professeur pouvait amener son champ d’expertise. En amont de ce cours, un exercice préparatoire avait été demandé pour faciliter la compréhension initiale du cours. Le ventilateur mécanique a été présenté pour faire le lien avec le laboratoire du lendemain.

Nous avons été captivées par celui-ci car il était interactif et également parce que les savoirs sont rapportés à des vignettes cliniques, ce qui nous permet de pouvoir mieux contextualiser.

 

L’après-midi, nous avons eu une présentation sur l’organisation des soins en santé mentale par Steeven Bernier (chargé d’enseignement). Il nous a présenté l’historique et l’évolution des soins en santé mentale au Québec. Cela nous a permis de comprendre le fonctionnement et la conception actuelle des soins psychiatriques. En effet, par la réforme Barette en 2013, des coupes budgétaires ainsi que des regroupements d’ensembles hospitaliers ont engendré une accessibilité compliquée en soins de première ligne en psychiatrie. Cela a provoqué le syndrome des portes tournantes, qui se définit par des consultations répétitives aux urgences à défaut d’un suivi ambulatoire continu. Face à la réalité du terrain et aux conséquences de la réforme Barette, le plan d’action en santé mentale depuis 2015, essaie d’offrir des soins de qualité, mais aussi de travailler à abattre les frontières entre les services et les obstacles pour l’accès aux soins psychiatriques. Ce plan d’action comprend notamment la lutte contre la stigmatisation et la discrimination des personnes atteintes de troubles mentaux ainsi que sur la réinsertion et la participation de personnes utilisatrices de services et de membres de l’entourage.

Nous avons été surprises de constater que le Canada à un des taux de suicide les plus élevé et que le Québec est la province la plus touchée. Il a été évoqué que probablement cela est en lien avec la difficulté d’accessibilité aux soins psychiatriques et également avec le contexte environnemental géographique et sociétal propre au pays (grandes distances, un climat très rude, peu de soignants spécialisés, etc.).

Nous trouvons que les soins en santé mentale sont très développés en Suisse et que cela fait partie du plan d’axe prioritaire de notre politique de santé. Nous réalisons que nous avons beaucoup de moyens pour faire des prises en charge de qualité.

Nous avons grandement apprécié l’implication du professeur lors de sa présentation car cela nous a permis d’ouvrir nos horizons sur la santé mentale et aussi pouvoir réfléchir sur les différences et similitudes par rapport à chez nous.

Jour 8 :

En ce mercredi après-midi nous avons eu la chance de participer à l’un des laboratoires en soins critiques dispensé par Michel Doré, un enseignant spécialisé avec un champ d’expertise en soins critiques. Ce laboratoire avait comme thématique la ventilation pulmonaire.

 

Au cours de ce laboratoire, les étudiants doivent en premier lieu répondre à un questionnaire écrit qui sera comptabilisé à hauteur de 10% de leurs notes finales du module, résultant du travail préparatoire qui leur avait été demandé.

 

Ensuite les 10 étudiants présents étaient conviés à participer à 6 postes différents avec comme exercices pratiques : les soins de bouche au patient intubé, la connaissance et familiarisation aux différents matériaux en lien, la surveillance du monitoring et du ventilateur, l’aspiration chez la personne portant une sonde endo-trachéale, le changement de fixation de la sonde endo-trachéale et la pose d’une canule/ventilation manuelle. Ils participent par 2 durant 10 minutes à chaque poste, avec un cahier d’exercice retraçant une situation/vignette clinique à suivre. Un enseignant coache l’ensemble de la classe, passant de poste en poste aux grés des questionnements des étudiants.

 

Pour notre part nous avons eu le privilège d’avoir pu travailler chacun des postes sous l’encadrement et des explications détaillées par un enseignant uniquement pour notre groupe.

 

Nous avons beaucoup apprécié ce laboratoire qui nous a été très constructif. Nous trouvons ce modèle de laboratoire très pédagogique et intéressant pour la mobilisation des connaissances théoriques en pratique ;  même si ce modèle-ci implique que tout le monde joue le jeu, réalise les travaux en amont demandés et soit correctement préparé pour que cela soit instructif et bénéfique.

Jour 9 :

Ce matin, nous avons eu la chance d’avoir dans un premier temps une présentation sur les soins infirmiers à l’aîné et ses proches : le cadre des fondamentaux des soins et son processus pratique par Sylvie Rey, infirmière Suisse résidant au Québec depuis 2001 et Camille Savoie, toutes les deux enseignantes et étudiantes en doctorat en science infirmière à l’Université Laval.

Cette présentation avait pour but de nous faire découvrir une nouvelle théorie de science infirmière dans laquelle la relation entre le patient, ses proches et les soignants devient la principale préoccupation et non le fait de placer celui-ci au centre. Il s’est relevé que la relation de confiance entre la personne soignée, sa famille et l’infirmière doit être constamment réévaluée, adaptée et ajustée pour pouvoir offrir un accompagnement et des soins au plus près de leurs besoins. Afin de préserver celui-ci, le plan de soins devrait être rédigé sur un ton narratif et en « Je », ce qui inciterai le personnel soignant et interdisciplinaire à considérer la personne comme quelqu’un d’unique et permettrai une relation interpersonnelle plus rapide. Cette proposition nous a semblé pertinente et utile pour nos futurs plans de soins.

 

Lors du lunch, Sylvie Rey et Camille Savoie nous ont présenté leurs projets doctoraux en lien avec les soins aux personnes âgées. Elles nous ont expliqués le processus de leurs démarches, les questions auxquelles elles souhaitaient répondre, comment elles pensaient y parvenir et leurs motivations.

 

Sylvie Rey a partagé avec nous son travail sur l’expérience vécue au cours des soins corporels par les personnes âgées vivant avec la maladie d’Alzheimer. Elle cherche à savoir, comment anticiper l’inconfort des patients lors des soins d’hygiène afin de développer des interventions de prévention. Ceci pour pouvoir dans le futur former le personnel soignant.

Camille Savoie travaille à la création d’un outil d’évaluation de la capacité à conduire adapté à l’aîné. Les évaluations sont actuellement réalisées une fois à 75 ans et dès 80 ans tous les deux ans ainsi que sur signalement. Aujourd’hui les aînés passent un test routier stressant et angoissant, Camille aimerait développer cet outil afin de permettre une évaluation pertinente et adéquate, tout en y intégrant un accompagnement adapté lorsque celui-ci est retiré.

Nous avons trouvé ses deux présentations très novatrices et enrichissantes. Elles nous ont permis aussi d’avoir une vision du travail de doctorat.

 

L’après-midi, nous avons fait le point sur les deux semaines passées à Québec avec M. Masias-Valdés et Mme Lechasseur, vice doyenne de la faculté des sciences infirmières qui nous a concoctée des muffins aux bleuets. Nous la remercions pour ce riche programme qu’elle a élaboré à notre intention. En effet celui-ci nous a permis d’ouvrir nos horizons sur nos différentes pratiques et domaines, de confronter nos deux réalités de soins et d’échanger avec de nombreux professionnels de la santé qui ont tous eu à cœur de partager leurs savoir ainsi que leurs expériences en nous accueillant à chaque fois très chaleureusement.

Jour 10 :

Pour notre dernière matinée, une visite du centre SABSA (services à bas seuil d’accessibilité), une coopérative à but non lucratif, nous a été présenté par Isabelle Têtu, une infirmière praticienne spécialisée en soins de première ligne. C’est donc elle qui est la seule du centre à pouvoir prodiguer des prescriptions d’examens, de médicaments, d’utilisation de techniques invasives, etc. Elle a ouvert ce centre en 2011, en collaboration avec 4 autres professionnels de la santé et/ou social (les médecins n’en faisant pas parti).

 

Le but premier de l’ouverture de ce centre était de pouvoir fournir une prise charge aux personnes vulnérables atteintes d’hépatite C ou du VIH. L’objectif étant d’offrir à cette clientèle un encadrement psycho-social et médical. En 2014, ils ont élargi leur champ d’actions auprès de toute la population vulnérable afin de leur offrir une clinique de proximité.

 

Ce centre accueille donc des personnes avec des problèmes de toxicomanie, de santé mentale ou d’atteinte d’hépatite C et du VIH, majoritairement. Parmi celles-ci, plusieurs n’ont pas de domicile fixe et donc ne bénéficient pas d’une assurance maladie ce qui leur bloquent l’accès aux soins. D’autre part, les médecins du quartier sont réfractaires à prendre en charge cette problématique au sein de leur cabinet. C’est pour cette raison, que les fondateurs de SABSA ont mis en place ce centre afin de pouvoir offrir à ces personnes des soins de qualité de promotion de la santé, de prévention de la maladie ainsi que des soins de première ligne. Leur philosophie est humaniste et pragmatique. En effet, leur valeur prône le respect, la compassion, la confiance au potentiel de chacun et l’engagement.

 

Nous avons été touchées par son engagement et par sa persévérance dans ce combat perpétuel pour que SABSA puisse perdurer. En effet, cet engagement implique de défendre l’existence de la coopérative auprès des politiciens afin d’obtenir des subventions. Son dévouement nous a fait prendre conscience que quand une cause nous tient à cœur, il faut continuer dans cette voie, et ne jamais rien lâcher.

 

 

Pour conclure cette Summer University à Laval nous tenons à remercier le doyen des relations internationales, Monsieur Carlos Masias-Valdes. Nous avons pu apprécier son encadrement par ses connaissances, sa disponibilité, sa bonne humeur ainsi que son humour. Nous souhaitons également remercier le département général de l’enseignement supérieur DGES d’avoir contribué à la réalisation de cet échange ainsi que l’université Laval pour son accueil.  Nous en sommes très reconnaissantes car cela nous a permis de découvrir un autre système de santé et de formation.

 

Québec, je me souviens…